mardi 4 septembre 2012
AS IN LOVE WITH YOU AS I AM
samedi 5 mai 2012
I DON'T WANT TO BE ANYWHERE ELSE, BUT HOME
Encore six mois à attendre pour le nouvel album de ce cher Biolay. J'avoue ne pas être complètement sereine, je crains un peu le successeur de La Superbe, même si je sais, au fond, que c'est ridicule, que Biolay ne m'a jamais déçue. Aussi, j'attends sagement. Mais le 5 novembre prochain vous savez quoi m'offrir, pas d'excuse.
En attendant la suite:
vendredi 17 février 2012
I BOUGHT YOU FLOURS
lundi 6 février 2012
IT'S THEM IT'S NOT ME
jeudi 26 janvier 2012
I'M SO HAPPY I THINK I COULD CRY
mardi 3 janvier 2012
IT WAS LOVE AT FIRST SIGHT, AT LAST SIGHT, AT EVER AND EVER SIGHT

samedi 26 novembre 2011
lundi 17 octobre 2011
THE FIRST TIME
dimanche 16 octobre 2011
MAKE ME PROUD
Lana Del Rey & Woodkid sing "video games" NYC 14/10/11 video by kcpk/betc music from fabrice brovelli on Vimeo.
vendredi 14 octobre 2011
ON AURA TOUT VU
mardi 11 octobre 2011
LES ÎLES FUGEES
vendredi 17 juin 2011
I MET HER AT COACHELLA

Sûrement parce que Frank Ocean est mon petit préféré du gang over buzzé d'Odd Future et que "Novacane" est mon morceau favori de Nostalgia/Ultra, je me sens obligée de poster le clip l'illustrant, à base de meufs bonnes, d'hallu et de panda (SPOILER ALERT):
frank ocean [novacane] from christopher francis ocean on Vimeo.
dimanche 29 mai 2011
mardi 3 mai 2011
DRAWN WITH ME

Si je pouvais, je n'écouterais que des chansons dans lesquelles je pourrais me noyer.
Bon naufrage.
- Alain Bashung - Tel
On ne remercie jamais assez le mode aléatoire de son iTunes qui permet de redécouvrir des merveilles oubliées.
- Alex Beaupain - Et Tu T'en Veux Tellement
Non, elle ne vient pas de Pourquoi Battait Mon Coeur, mais j'y suis revenue, Pavlov quand tu nous tiens.
- Benjamain Biolay - Les Séparés
La tristesse à l'état pur. Ou comment avoir des frissons en plein été.
- Dominque A - La Relève
- Alcoholic Faith Mission - My Eyes To See
Vous ne vous y attendiez pas à celle là hein, ouais ben je suis (re)tombée sur le clip, est mon coeur s'est serré.
mercredi 23 mars 2011
MY TEENAGE WIFE

Les raisons pour lesquelles on aime une chanson sont infinies. Il suffit d'une voix qui nous touche, de notes de piano qui nous mettent la chaire de poule, d'un flow qui nous oblige hocher la tête en rythme, un choeur qui réchauffe le notre et j'en passe. Mais le plus souvent c'est finalement parce qu'une chanson nous parle que l'on jette son dévolu sur elle, parce qu'elle retrace un semblant de notre histoire personnelle ou encore parce qu'un texte a réussi mettre les mots exacts sur quelque chose que vous n'arriviez pas définir.
Et si on corsait l'histoire en se restreignant à un seul mot un seul. Car personnellement c'est parfois grâce à la présence d'un mot (réel ou supposé) que je suis capable d'écouter un morceau en boucle. La preuve par 6.
Hervé Villard - Capri C'est Fini
Je ne me souviens même plus de la 1ère fois où j'ai entendu cette chanson tellement j'ai l'impression qu'elle fait partie du bagage musical familial. Petite, j'étais persuadée que le dude chantait "caprice c'est fini", du coup je me sentais bien moins seule, comme on me reprochait sans cesse d'en faire, des caprices, ben ça faisait écho, t'as vu.
Nathalie Imbruglia - Torn
J'ai 10 ans et je suis persuadée d'entendre "lullaby" (berceuse), à la place "little late", un jour d'été ma correspondante irlandaise m'apprendra l'affreuse vérité, je ne m'en suis jamais vraiment remise.
Regina Spektor - Samson
J'ai dû écouter cette chanson plus de mille fois et c'est difficile de ne plus l'écouter comme un tout, cela dit je me rappelle qu'à la première écoute si j'avais appuyé sur replay c'était pour ré-entendre "sweetest downfall".
James Blake - Limit To Your Love
Persuadée que James nous fait les louanges d'une savoureuse "waffle in slow-motion" et non d'une niaise "waterfall", je trouvais cette chanson incroyablement drôle. Après avoir découvert le pot aux roses, je garderai ma version.
Surfer Blood - Catholic Pagans
Pour le mot "cocaine" et "liquor", pas que je sois drug addict ou autre, mais j'aime la prononciation anglaise de ces deux termes, toute en angles pour le premier et arrondis pour le second.
Air Bag One - Sweet England
C'est dès l'instant où j'ai entendu "revery". Un mot mêlant à la fois douceur et légèreté mais dont la prononciation à quelque chose de solennel (sans doute dû à sa consonance française), que j'ai vraiment su que ce morceau ne me lâcherait plus.
mardi 22 février 2011
WHO THE FUCK IS ARCADE FIRE?
Patrick Bower (& The World Without Magic) n'est pas le prochain buzz band. C'est le projet d'un homme qui a de la bouteille, pas moins de dix ans de métier derrière lui, et qui prend son temps. Pas par paresse non, mais par souci du détail. Celui de faire une pop mélancolique qui nous colle à la peau. Rencontre autour d'un café à parler musique, la sienne et celle des autres, et ce à quoi peut aspirer un grand barbus de trente deux ans.
dimanche 16 janvier 2011
BLACK AND YELLOW

Non, on s'est juste dit que ce serait bien de trouver un nom qui permette de faire un suicide commercial, c'était parfait!
Etant tous originaires de Lille (mise à part un qui vient de Lens), vous pensez quoi de la scène lilloise actuelle?
C'est super vivace, il y a beaucoup de styles de musiques différents qui sont représentés et du coup il y a vraiment beaucoup de gens qui font de la musique à Lille. Je crois que je ne connais pas beaucoup de gens qui n'en font pas en fait.
Une journée type pour Roken Is Dodelijk?
On se réveille vers 19h, on prend une douche et à 19h30 on va au bar (rires). Non, non, déjà elles sont différentes pour chacun puisqu'on est six dans le groupe et qu'on ne fait tous la même chose tous les jours, comment décrire une journée type? Faut mentir? Personnellement je passe beaucoup de temps à bidouiller sur mon ordinateur des nouveaux morceaux, on passe pas mal de temps avec Jérôme, le guitariste du groupe, pour composer des nouveaux morceaux et travailler sur les projets en cours. Ça se passe beaucoup dans un caleçon dans un salon!
J'ai entendu dire que l'album avait été enregistré en trois semaines en Bretagne, dans une ferme abandonnée, tu confirmes?
Ce n'est pas une ferme abandonnée, c'est un corps de ferme qui est utilisé parfois par une salle de concert, vers Carray, qui s'appelle le Bacardi, je ne sais plus le nom de la ville (Callac, ndlr). Ils se servent de ce corps de ferme pour loger des groupes, on avait entendu parler de cet endroit et après avoir visité d'autres lieux en Bretagne, on a choisi celui là. Le but c'était de passer trois semaines un peu en autarcie pour enregistrer quelque chose. Donc on était dans ce grand corps de ferme avec plein de chambres qu'on a transformé en studio, on est venu avec tout le matériel, il y avait une chambre avec la batterie, une chambre avec la guitare, une autre avec les claviers, une autre avec les voix, c'était assez marrant on dormait au milieu du matériel.
L'enregistrement s'est passé comment, vous aviez déjà tout préparé ou vous avez laissé de la place à de l'impro?
On a travaillé avec un réalisateur qui est Fred Avril, qui lui a fait pas mal de choses différentes, il a sorti deux albums chez F Communications, le label de Laurent Garnier, plus électro, il a fait des BO de films, notamment le court métrage « Music for One Apartment and Six Drummers », qui s'appelle Sound Of Noise, primé au festival de Stockholm, il a eu le prix de la meilleure BO. On a travaillé avec lui pendant toute une période auparavant, pour préparer l'enregistrement. On a sélectionné une vingtaine de morceaux, puis le nombre c'est réduit au fur et à mesure . Sur les trois semaines on a fait une semaine où on finalisait ensemble les derniers arrangements, les structures des morceaux et les deux dernières semaines, on a enregistré comme des stakhanovistes, on se levait vers 10h et couchait vers 5h du mat, pendant trois semaines donc c'était un peu physique. On a tout enregistré en condition live, il y a quelques prises qui sont refaites après, par exemple des arrangements de claviers ou de voix mais la base du truc on ne voulait pas que ce soit quelque chose de fait prise par prise avec un clic, mais vraiment avoir un jeu de groupe.
Entre votre dernier EP, The Terrible Things, et votre album à venir, quelles vont être les différences majeures? Sachant que deux morceaux de The Terrible Things seront sur l'album.
La production est un peu différente, sur l'EP il y a cinq titres qui ont été mixé par nous à la maison, donc on a laissé beaucoup d'erreurs, d'imperfections avec lesquelles on a joué. Fred Avril lui, dans sa méthode de mix est beaucoup plus clair et beaucoup large, donc c'est déjà la différence entre les deux titres qui sont sur l'EP et les autres. C'est un son un peu différent, plus péchu que sur l'EP.
Oui, car vous aviez décrit le son de l'EP comme une musique du matin.
Voilà. On avait deux titres de l'album qu'on avait pris pour cet EP et on a essayé de construire quelque chose de cohérent autour de ces deux titres. On s'est dit que c'était une direction qui nous intéressait, ça c'est ce qu'on peut mettre le matin pour se réveiller, pour partir du bon pied dans la journée. Je pense que c'est quelque chose qui parle à plein de gens, après ça ne se traduit pas dans la même musique pour tout le monde, il y a des gens qui n'écoutent pas du tout ce genre de musique le matin mais en tout cas pour nous c'était le genre de disque que l'on souhaiterait pour commencer une journée.
Pourquoi chanter en anglais?
Pour moi c'est quelque chose d'assez naturel et je n'ai jamais vraiment écouté de musique chantée en français. Pour moi l'imaginaire musical est beaucoup plus lié à la langue anglaise, j'ai déjà tenté d'écrire en français et ce n'est pas naturel. J'ai l'impression que le sens limite beaucoup la musicalité en français, on doit faire beaucoup plus attention aux sens des paroles en dehors de la musique, ce qui n'est pas le cas en anglais, où les mots en eux mêmes attirent la musique, c'est à dire qu'il y a une rythmique dans les mots qui est déjà mélodieuse. Alors que les intonations et les mots en français sont monocordes à la base, même s'ils sont plus variés, plus précis, je trouve que c'est plus dur de jouer avec avec justesse. Il y a des gens qui le font très bien, mais chez nous ce n'est pas très naturel de chanter en français.
Si je fais un parallèle entre vous, Roken Is Dodelijk, les Bewitched Hands et Arcade Fire tu vois le lien ou je suis complètement à côté de la plaque?
Le point commun c'est qu'on est beaucoup sur scène avec une fille dans le groupe. On aime bien tous également s'exprimer en live, avoir quelque chose d'un peu chorale, comme tout le monde chante, dans la manière d'aborder les lives il y a quelque chose de commun, après sur disque c'est quand même très différent.
Quels sont vos influences, à six elles doivent être nombreuses mais celles sur lesquelles vous vous rejoignez?
On a déjà discuté de ça tous ensemble parce qu'un jour on nous a demandé « quels sont les cinq CDs que vous avez en commun? », et on s'est rendu compte qu'on a pas cinq CDs en commun! Moi par exemple, j'écoute pas énormément de musique différente, j'aime beaucoup les crooners ou les groupes acapellas, Jay aime bien Neil Young, Guiguite c'est une sorte de boulimique de musique qui écoutera plus de disques dans sa vie que j'écouterai de chanson, c'est très varié.
Justement si tu avais un album (mis à part le votre) que tu attendais en 2011 ce serait lequel et pourquoi?
L'album de Roken va vraiment être... Non, pour 2011 j'espère que nos copains de Baden Baden vont sortir leur album. Eux pour le coup, il y a une vraie trajectoire parallèle, ce sont nos potes à la base, ils ont commencé un peu après nous mais en gros j'avais présenté mon pote Lardon, à Eric, le chanteur et leur bassiste c'est un super pote de notre bassiste. On est très proche, on fait des choses en commun parfois, donc ça serait très bien que l'année prochaine ils sortent un album en même temps que nous comme ça on pourra faire plein de tournées ensemble.
Votre prochain c'est avec eux en plus, non?
Oui, on fait un showcase à la Fnac le 20 et le 27 janvier au joue avec eux, c'est cool ça fait longtemps qu'on a pas joué ensemble. Je crois que la dernière c'était à Paris à l'OPA il y a 2/3 ans, donc oui je suis super content.
Arrivez-vous à vivre de votre musique?
Oui on arrive à vivre comme des cochards! (rires) C'est clair que le rapport au temps qu'on y passe et l'argent qu'on gagne c'est pas énorme mais on se consacre principalement à ce projet.
La scène: kiffe ou stress?
On est jamais stressé avant de monter sur scène, c'est vraiment quelque chose qui est assez naturel. Ça fait un bout de temps que l'on tourne ensemble donc on se connait bien, c'est vraiment un kiffe pour nous, sinon on ne ferait pas ça.
jeudi 2 décembre 2010
I LOVE YOUR DIAMOND SHAPED TATTOO. THANKS IT'S MY ENGAGEMENT RING
Sleigh Bells @ Point Éphémère, 2010 (© Anh Phi)
À l'occasion du concert parisien de Sleigh Bells, au Point Éphémère, j'ai pu constater de la puissance de la noise pop du groupe en live. Un show fait de sueur, de cris, de stroboscope, où les riffs de guitare contrastaient à merveille avec la voix suave d'Alexis Krauss, la chanteuse. Cette bête de scène se révèle être d'une douceur infinie à la ville.
Comment un serveur, ex-membre d'un groupe hardcore (Poison The Well) rencontre une ex-membre d'un groupe de pop adolescente (Rubyblue) devenu enseignante ?
On s'est rencontré à Brooklyn, Derek venait d'arriver de Floride afin de travailler sur sa musique et de trouver la voix qui collaborerait à son projet. À l'époque, j'enseignais à plein temps, je continuais à chanter professionnellement pour les fans, à faire des sessions avec des paroliers, faire des démos mais rien de plus. Un jour, avec ma mère, nous sommes allées dîner dans le restaurant où Derek travaillait. Il était notre serveur, ma mère étant très bavarde, elle lui a posé plein de questions. Il s'est trouvé qu'il venait de Floride, tout comme elle. Elle a donc voulu savoir ce qui l'avait amené ici. Il lui a expliqué qu'il travaillait dans la musique, aussitôt elle lui a dit que j'étais chanteuse, j'étais tellement gênée, je priais pour qu'elle se taise en levant les yeux au ciel mais cela a intéressé Derek. Je lui ai donc expliqué que je chantais depuis toujours aussi il m'a proposé de lui donner mon email pour qu'on se revoit et qu'il me fasse écouter ce qu'il composait. Comme je sentais qu'il ne me draguait pas et qu'on allait réellement parler musique, je lui ai donné. On ne vivait qu'à trois blocs d'écarts, du coup on s'est revu rapidement, il m'a fait écouté ses compositions sur sa guitare et j'ai adoré. J'étais très enthousiasmée par son projet, je n'avais jamais rien entendu de pareil auparavant. On a commencé à enregistrer et on aimait vraiment ce qu'on faisait, cela sonnait juste, donc on a persévéré dans cette voie. Ensuite, je suis retournée enseigner, j'ai fini l'année scolaire et j'ai décidé de travailler à plein temps avec lui. On a commencé à faire des concerts en septembre 2009. On a eu beaucoup de chance, on a joué sur plein de lines-up géniaux et les gens on eu l'air d'apprécier très rapidement ce qui nous a permis de continuer et nous voilà aujourd'hui !
Comme vous ne vous connaissiez pas depuis longtemps, cela n'a pas été difficile de travailler ensemble? Il y a -t-il eu des quiproquos, des malentendus?
C'était étonnamment simple et je pense que c'est pour ça que l'on a continué. Derek avait une idée très claire de ce qu'il voulait, on en a discuté, je comprenais ce qu'il voulait, il aimait ce que j'étais capable de faire, créativement on était sur la même longueur d'ondes depuis le début, on a jamais dû se battre sur quoique ce soit. Je pense que c'est pour cela que tout a été possible, car comme je l'ai dit auparavant j'enseignai, chose que j'adorais, et pour l'abandonner il fallait vraiment que je crois au potentiel de notre projet. Pas d'engueulade, de stress, juste du fun!
Vous venez d'horizons musicaux complètement opposés, comment avez-vous réussi à les concilier ?
C'est amusant, tout le monde catalogue Derek dans la case hardcore à cause de son groupe, alors qu'en réalité il écoutait beaucoup de pop. À l'inverse de moi qui préférais écouter des trucs plus forts. Donc même si on jouait de la musique dans des genres tout à fait opposés, nous avions les mêmes influences. Nous sommes des gros fans de la Motown, de la soul, des groupes féminins des années 60 comme The Supremes, après on est aussi fan de punk rock classique que ce soit les Ramones ou les Clash. En réalité, on est des fans de pop mais également de sons plus lourds, ce qui a fait que ça a marché entre nous, on savait d'où on venait et où on voulait aller. Au final, Derek et moi ne parlons pas tant que ça de musique, on en parle mais de manière abstraite des sensations qu'elle nous procure. Par exemple, quand on enregistre, si on veut parler de ce qu'on veut vocalement on va dire "ça a besoin de pétiller ou de briller davantage, que ce soit plus doux ou plus rêche", c'est assez vague finalement. On ne dira jamais "je veux que ça ressemble à tel ou tel groupe" mais "je veux que l'on ressente ça". En tant que chanteuse, je le vois comme un jeu d'actrice, je mets vocalement dans la peau de ses divers personnages afin d'avoir un état d'esprit différent à chaque chanson. Une chanson comme Rill Rill est complètement différente d'Infinity Guitars et c'est ça que j'adore : devenir une personne différente sur chaque chanson.
Comment avez-vous enregistré l'album ?
On a commencé à enregistrer des démos en septembre 2009. Les enregistrements se faisaient sur des choses que Derek avait travaillées depuis des années et comme je travaillais encore à plein temps, c'est également lui qui faisait une grande partie de l'écriture. Puis nous avons passé deux mois au Treefort Studio avec Shane Stoneback pour ingé son. C'est réellement un travail d'amour, qui n'appartient qu'à nous trois. C'est Derek qui a écrit et composé l'essentiel de la musique, ensemble on a davantage travaillé sur les mélodies et les harmonies, sur des chansons comme Riot Rhythm, Tell Them ou encore Run the Heart. Mais c'est sûr que notre prochain album sera beaucoup plus collaboratif. C'est amusant, parce qu'auparavant, je n'avais jamais travaillé dans la musique. Je veux dire j'étais chanteuse mais je n'écrivais aucun de mes textes donc quand on a commencé à travailler ensemble (avec Derek) ça m'a paru normal de ne pas participer à l'écriture. Maintenant c'est différent, je me sens beaucoup plus investie, il s'agit de ma musique à présent.
L'histoire veut que ce soit Spike Jonze qui vous ait découvert et introduit auprès de M.I.A, racontez-nous un peu.
Une amie à nous écrivait pour le blog de Spike Jonze pour le film Where The Wild Things Are, et elle est la première à avoir écrit sur nous. On n'avait que quelques chansons sur Myspace à l'époque. Ensuite, Spike a lu son blog (rires) et il a apprécié notre musique et l'a fait écouter à M.I.A, qui nous a aimé également et avec la spontanéité qu'on lui connaît elle nous a immédiatement contacté, a pris un vol pour New-York, Derek a travaillé sur la production de son dernier album et on a signé sur son label (N.E.E.T. Recordings, ndlr) en partenariat avec notre autre label, Mom + Pop Records, ce fut un enchaînement d'événements surréalistes !
Comment s'est passée votre collaboration avec M.I.A, elle qui est connue pour son extravagance, est-elle également ainsi professionnellement?
M.I.A comme beaucoup d'icônes pop est vue comme beaucoup plus impressionnante qu'elle ne l'est en réalité. Personnellement je la trouve très douce et terre à terre mais ses idées et son ambition sont énormes.
En France, on vous décrit souvent comme un mélange des Ting Tings et Crystal Castles, qu'en pensez-vous ? Comment prenez-vous cette comparaison ?
Derek et moi sommes de grands fans de Crystal Castles, si on nous compare à eux c'est sûrement par rapport à une certaine forme de brutalité qui nous est commune, bien que la voix d'Alice Glass et la mienne soient complètement différentes. D'ailleurs, leur travail de production est magnifique. Pour ce qui est des Ting Tings, c'est sans doute pour le côté plus pop et doux que revêtent certaines chansons, donc oui cela fait sens. Même si c'est toujours étrange pour nous de se voir comparer à d'autres groupes.
Pouvez-vous nous parler un peu de l'artwork de Treats, où l'on peut voir des pompoms girls aux visages déformés, fondus pour ainsi dire ?
Sleigh Bells - Treats
Les photos de la pochette d'album viennent du yearbook de lycée de la mère de Derek qui datent des années 60. C'est une imagerie américaine on ne peut plus classique, mais à la douceur des pompoms girls se mêle le côté dérangeant de leur absence de visages. Cela reflète bien notre musique, on fait de la pop comme je l'ai dit précédemment mais avec quelque chose de très noir dedans. On aime jouer entre le léger et le lourd, le dur et le doux. Notre album essaie simplement d'illustrer cette alchimie.
Un clip de fan a été réalisé avec la chanson "Riot Rhythm", l'avez-vous vu? Qu'en avez-vous pensé? Cette initiative vous a-t-elle plu?
Sleigh Bells "Riot Rhythm" from Bo Mirosseni on Vimeo.
Vous semblez très douce, presque timide, alors que sur scène vous êtes limite bestiale, quel est le secret de ce dédoublement de personnalité ?
J'ai toujours pensé que si la musique te prend vraiment aux tripes, qu'elle est puissante et entraînante, j'aurais l'air vraiment ridicule si j'étais là à chantonner calmement dans mon coin, je serais d'un ennui ! Si j'étais vraiment moi, je baisserais sûrement les yeux aussi, mais ça n'aurait aucun sens, donc j'ai dû me forcer à perdre mes inhibitions et me laisser transporter par la musique. Cela te permet de ne plus penser à ce que les gens vont penser de toi et d'être sans doute plus intéressante que si tu avais vraiment conscience de ce que tu fais. Quand je vais à un concert, je veux voir autre chose que l'album que j'ai chez moi, je veux expérimenter quelque chose, je veux danser, m'amuser et c'est ce que nous voulons que les gens ressentent à nos concerts. On veut qu'ils aient chaud, qu'ils transpirent, qu'ils ressentent vraiment quelque chose, pas qu'ils soient juste contemplatifs, on veut qu'ils soient actifs.
Vous sentez une réelle différence entre le public français et américain ?
Notre dernier concert en France a été extraordinaire, très drôle, les jeunes étaient tous torses nus en train de danser. On a un avantage aux États-Unis, c'est que les gens nous connaissent mieux alors qu'ici ils viennent plus pour nous tester, ils ne sont pas forcément fans à l'avance. Donc nos concerts aux US sont peut-être plus dynamiques même si on n'a pas à se plaindre des deux côtés de l'Atlantique. On a pas encore fait beaucoup de shows en Europe, on doit encore gagner notre crédibilité, on croise les doigts !
Vous vous êtes rencontrés à Brooklyn avec Derek, le quartier de la hype musicale par excellence, est-ce que vous êtes d'accord? Vous considérez-vous comme hype ou pensez-vous être considérés comme tel?
Brooklyn est devenu l'un de ses endroits où il y a une multitude de gens créatifs et talentueux dans un espace très concentré, donc c'est très simple de rencontrer des musiciens, ce qui facilite la création de groupes. En ce qui nous concerne, on n'est pas vraiment un groupe de Brooklyn, ça a été notre point de rencontre mais ça n'a jamais eu une influence majeure sur notre musique. De même façon on n'y a très peu joué, mais il est vrai que beaucoup de personnes nous associent à ce lieu. Pour ce qui est de la hype, on a eu beaucoup d'attention très vite ce qui fait que beaucoup de personnes sont très sceptiques quant à notre capacité à durer, ils nous voient comme un "one hit band", ceux qui font le buzz maintenant mais dont on ne parlera plus dans six mois. Je crois qu'on est en train de leur prouver qu'ils ont tort. Avant la sortie de l'album, les gens n'arrêtaient pas dire "leur album va être mauvais" alors qu'au final on n'a eu que de bons échos. Ce n'est pas parce qu'on nous a présenté ou connu comme un buzz band qu'on n'est pas là pour durer et faire de nombreux albums qui plairont aux gens, ou du moins c'est ce que je souhaite !
Quels sont vos projets à venir ?
Nous sommes en tournée jusqu'à la fin de l'été prochain, il nous reste encore plein d'endroits à découvrir. Nous allons en Australie, au Japon puis à nouveau en Europe avant d'aller à la conquête de nombreuses villes aux États-Unis au printemps. Donc finalement, il s'agira de présenter notre album au plus de monde possible avant de retourner et d'en enregistrer un nouveau. On a l'impression que cela fait depuis toujours que l'on joue, notre album étant court, 32 minutes, on s'en lasse rapidement, donc on a hâte d'entrer à nouveau en studio pour enregistrer de nouvelles choses.
BONUS:
SLEIGH BELLS "Infinity Guitars" live in Paris / Point Éphémère
mercredi 1 décembre 2010
JE VIENS DE COMPOSER UNE PUTAIN D'INTRO
Par un samedi ensoleillé et quelques heures avant leur concert à la Flèche d'Or, je rencontre les deux zoulous du groupe d'électro-pop/rock Call Me Senor à la terrasse d'un café. Sur leur 1er EP, Oh La La, on sentait déjà toute l'énergie d'Alex (à la guitare) et JB (au chant), il en est de même IRL, jugez plutôt.
Call Me Senor @ La Flèche D'or, le 27 novembre 2010. (copyright Anh Phi)
lundi 15 novembre 2010
WHY DO YOU LISTEN TO THAT MAN, THAT MAN'S A BALLOON












