mardi 4 septembre 2012

AS IN LOVE WITH YOU AS I AM



Ce blog est mort on est tous d'accord. Mais bon de temps en temps me prend l'envie de le ranimer, une dernière fois, avant de laisser mourir de sa belle mort.

Niveau update, j'ai écrit un petit truc sur mon obsession du moment, les belges de BRNS (ça se prononce "brains", te prends pas la tête), chez les copines de Tea. C'est d'ailleurs pour ça que je ranime le blog aujourd'hui, après une très bonne prestation à Rock en Seine, c'est maintenant le temps du clip pour illustrer leur tube, Mexico. Pas de maracas ou de sombrero, mais plutôt un gros tout nu et des loups, regarde, pose pas de question.



samedi 5 mai 2012

I DON'T WANT TO BE ANYWHERE ELSE, BUT HOME



Encore six mois à attendre pour le nouvel album de ce cher Biolay. J'avoue ne pas être complètement sereine, je crains un peu le successeur de La Superbe, même si je sais, au fond, que c'est ridicule, que Biolay ne m'a jamais déçue. Aussi, j'attends sagement. Mais le 5 novembre prochain vous savez quoi m'offrir, pas d'excuse.

En attendant la suite:

vendredi 17 février 2012

I BOUGHT YOU FLOURS


"Le comique de répétition a ses limites" c'est sûrement ce qu'on devrait expliquer à tous ceux qui postent encore et encore les parodies de -rayer la/les mention(s) inutile(s)- l'affiche de campagne de Nicolas Sarkozy/ What other people think I do/ le clip de Video Games/ Lana del Rey.

Au lieu d'une parodie je vous propose donc de découvrir celle que l'on surnomme déjà la nouvelle Lana del Rey: Wild Belle (même si en réalité il s'agit d'un duo). Qu'une chanson à leur actif et pourtant le surnom est déjà présent. Natalie Bergman a la même voix enjôleuse, capable de passer en un clin d'oeil de la voix de Lolita à celle de femme fatale, le saxo en plus. Espérons simplement qu'ils ne seront pas victimes du même retour de hype que la pauvre Lana.


lundi 6 février 2012

IT'S THEM IT'S NOT ME


Aujourd'hui est un jour un peu spécial puisque quelques amis sont en charge de prendre toutes mes décisions à ma place. Ça m'apprendra à me plaindre que personne ne m'aide à manager ma vie...
Du coup une petite playlist m'a été réclamée, afin de rebooster un peu ce blog qui se meurt à petit feu.

jeudi 26 janvier 2012

I'M SO HAPPY I THINK I COULD CRY

Toujours afin d'échapper à la monomanie de certains (bisouscoeur) autour des Black Keys, après Allah-Las, je vous invite à jeter une oreille à Radio Moscow, découvert grâce à Tenoot.

Radio Moscow - The Stranger

À DL d'urgence ici.


Dans un tout autre genre, après trois ans d'absence Jack Peñate est (enfin) de retour avec le mélancolique "No One Lied". Ça change du festif Everything Is New -contenant le génial "Let's All Die"- mais finalement cela semble une suite assez logique de l'univers du britannique. En effet, si l'on (re)prend "Let's All Die" le morceau a beau être entraînant il traite néanmoins de la mort. Du coup, avec "No One Lied" Peñate garde son goût pour les textes aux sujets sérieux mais cette fois la musique n'est pas là pour contraster avec son propos.
Je ne sais pas si je suis très claire, je vous laisse juger par vous même.

Jack Peñate - No One Lied

mardi 3 janvier 2012

IT WAS LOVE AT FIRST SIGHT, AT LAST SIGHT, AT EVER AND EVER SIGHT


À force d'entendre les Black Keys partout je finis par me lasser (ET OUAIS), du coup quand on m'a fait découvrir Allah-Las je me suis sentie revivre.

lundi 17 octobre 2011

THE FIRST TIME

Lundi soir je m'ennuyais ferme face à mes exos de compta aussi, après 15 longues minutes d'acharnement, je me suis mise à faire à vagabonder sur les internets. Sur les conseils avisés d'un de mes anciens collègues, je penchais une oreille à Composer, nouvelle signature d'InFiné. Le label lyonnais traditionnel vu comme branché électro intello (Arandel, Apparat, Clara Moto etc.) a su grâce à Composer franchir le pas de l'électro pop, sans pour autant travestir son image. Pour se faire Eric Raynaud (Fraction) et Guillaume Eluerd (The Year Of The Dog) fusionnent leur savoir-faire. L'électro pour le premier, la folk pour le second, ce qui explique sans doute la particularité de cet album, une électro-pop mélancolique, à l'encontre de ce que l'on attend du genre. Vous ne me croyez pas? Écoutez "The First Time" et dites m'en des nouvelles.

"Check Chuck" issu de leur premier EP éponyme, (qui ne reflète en rien The Edges Of The World, disponible à l'écoute ici )

dimanche 16 octobre 2011

MAKE ME PROUD

Après s'être repus des vidéos et textes sur la belle Lana del Rey, voilà, qu'on la découvre enfin en live, sur le plateau du Later Live... with Jools Holland. Eh bien, quelle déception. Après le buzz qu'elle a suscité depuis plusieurs mois on s'attendait sans doute à trop mais certainement pas pas à découvrir une jeune femme quelconque, maîtrisant sa voix, son texte et le rythme de sa chanson, Video Games, avec difficulté.


Même constat, peut-être un peu moins sévère, lorsqu'elle est accompagnée par Woodkid, lors du concert de ce dernier à NY:

Sans comparaison avec la version album:


Pour ne pas rester sur cette fausse note, prenons l'exemple inverse avec "Make me proud" qui ne m'avez pas franchement emballé en mp3 mais qui prend toute son ampleur en live :
Ce qui laisse présager d'un prochain album, Take Care (sortie prévue le 15 novembre), très prometteur de la part Drake, à ajouter à vos wishlists.

vendredi 14 octobre 2011

ON AURA TOUT VU

Merci la BBC Radio 1.

The Horrors - Best Thing I Never Had (Beyoncé cover)
The Horrors - Best Thing I Never Had (Beyonce cover) by the3penguins

Beyoncé - Best Thing I Never Had

mardi 11 octobre 2011

LES ÎLES FUGEES

Les Black Keys ont (enfin) annoncé la sortie de leur nouvel et 7ème album, El Camino, le 6 décembre, que je vais de ce pas ajouter à ma wishlist de Noël. Peut-être ajouterai-je également une place pour le 25 janvier pour leur concert au Zénith, même si je déteste cette salle trop grande, mais bon on ne va pas leur reprocher d'être bons.

Et comme si cette bonne nouvelle ne suffisait pas, ce soir est (enfin) le jour du concert d'Hanni El Khatib à la Flêche d'Or -merci Grandcrew, je ne tiens plus en place.

Hanni El Khatib - Come Alive

Hanni El Khatib - Dead Wrong

vendredi 17 juin 2011

I MET HER AT COACHELLA


Sûrement parce que Frank Ocean est mon petit préféré du gang over buzzé d'Odd Future et que "Novacane" est mon morceau favori de Nostalgia/Ultra, je me sens obligée de poster le clip l'illustrant, à base de meufs bonnes, d'hallu et de panda (SPOILER ALERT):


frank ocean [novacane] from christopher francis ocean on Vimeo.

mardi 3 mai 2011

DRAWN WITH ME


Si je pouvais, je n'écouterais que des chansons dans lesquelles je pourrais me noyer.

Bon naufrage.

Vous pouvez tout télécharger d'un coup :

Ou une par une:

- Alain Bashung - Tel
On ne remercie jamais assez le mode aléatoire de son iTunes qui permet de redécouvrir des merveilles oubliées.

- Alex Beaupain - Et Tu T'en Veux Tellement
Non, elle ne vient pas de Pourquoi Battait Mon Coeur, mais j'y suis revenue, Pavlov quand tu nous tiens.

- Benjamain Biolay - Les Séparés
La tristesse à l'état pur. Ou comment avoir des frissons en plein été.

- Dominque A - La Relève
Je suis longtemps passée à côté de Dominique A, mais j'ai finalement décidé de lui donner une chance, jusqu'ici je ne le regrette pas.

Quand j'en ai assez de "France Culture".

Parce que la demoiselle ne chante jamais aussi bien qu'en français.

- The National - Racing Like A Pro
Parce que je dois bien faire des choix.

- Alcoholic Faith Mission - My Eyes To See
On dit merci à SXSW.

- Cults - You Know What I Mean
Un temps cotonneux, l'autre plein de vie, le parfait entre deux, entre rêve et réalité.

Bien que j'ai l'impression d'entendre le générique des Feux de l'Amour pendant les 1ères secondes de la chanson, il suffit que la douce et mélancolique voix de la soprano Rachel Zeffira raisonne, pour que je sombre tout à fait (Faris -The Horrors- n'est là que pour faire joli à côté).

Je ne comprends toujours pas très bien pourquoi cette chanson me fait froid dans le dos et pourtant elle y parvient à chaque fois.

L'écouter en boucle et ne s'en lasser, jamais.

La légende veut que la chanson ait été écrite à la demande d'Andy Warhol, pour Edie Sedgewick. Quand on connaît la fin tragique de cette dernière, le poids de la chanson est double.

- Beyoncé - Halo
Vous ne vous y attendiez pas à celle là hein, ouais ben je suis (re)tombée sur le clip, est mon coeur s'est serré.

mercredi 23 mars 2011

MY TEENAGE WIFE


Les raisons pour lesquelles on aime une chanson sont infinies. Il suffit d'une voix qui nous touche, de notes de piano qui nous mettent la chaire de poule, d'un flow qui nous oblige hocher la tête en rythme, un choeur qui réchauffe le notre et j'en passe. Mais le plus souvent c'est finalement parce qu'une chanson nous parle que l'on jette son dévolu sur elle, parce qu'elle retrace un semblant de notre histoire personnelle ou encore parce qu'un texte a réussi mettre les mots exacts sur quelque chose que vous n'arriviez pas définir.

Et si on corsait l'histoire en se restreignant à un seul mot un seul. Car personnellement c'est parfois grâce à la présence d'un mot (réel ou supposé) que je suis capable d'écouter un morceau en boucle. La preuve par 6.


Hervé Villard - Capri C'est Fini

Je ne me souviens même plus de la 1ère fois où j'ai entendu cette chanson tellement j'ai l'impression qu'elle fait partie du bagage musical familial. Petite, j'étais persuadée que le dude chantait "caprice c'est fini", du coup je me sentais bien moins seule, comme on me reprochait sans cesse d'en faire, des caprices, ben ça faisait écho, t'as vu.

Nathalie Imbruglia - Torn


J'ai 10 ans et je suis persuadée d'entendre "lullaby" (berceuse), à la place "little late", un jour d'été ma correspondante irlandaise m'apprendra l'affreuse vérité, je ne m'en suis jamais vraiment remise.

Regina Spektor - Samson

J'ai dû écouter cette chanson plus de mille fois et c'est difficile de ne plus l'écouter comme un tout, cela dit je me rappelle qu'à la première écoute si j'avais appuyé sur replay c'était pour ré-entendre "sweetest downfall".

James Blake - Limit To Your Love

Persuadée que James nous fait les louanges d'une savoureuse "waffle in slow-motion" et non d'une niaise "waterfall", je trouvais cette chanson incroyablement drôle. Après avoir découvert le pot aux roses, je garderai ma version.

Surfer Blood - Catholic Pagans

Pour le mot "cocaine" et "liquor", pas que je sois drug addict ou autre, mais j'aime la prononciation anglaise de ces deux termes, toute en angles pour le premier et arrondis pour le second.

Air Bag One - Sweet England

C'est dès l'instant où j'ai entendu "revery". Un mot mêlant à la fois douceur et légèreté mais dont la prononciation à quelque chose de solennel (sans doute dû à sa consonance française), que j'ai vraiment su que ce morceau ne me lâcherait plus.

mardi 22 février 2011

WHO THE FUCK IS ARCADE FIRE?

Patrick Bower (& The World Without Magic) n'est pas le prochain buzz band. C'est le projet d'un homme qui a de la bouteille, pas moins de dix ans de métier derrière lui, et qui prend son temps. Pas par paresse non, mais par souci du détail. Celui de faire une pop mélancolique qui nous colle à la peau. Rencontre autour d'un café à parler musique, la sienne et celle des autres, et ce à quoi peut aspirer un grand barbus de trente deux ans. 



Peux tu présenter ton groupe et ta musique?
Je m'appelle Patrick Bower et mon groupe s'appelle The World Without Magic, on vient de Brooklyn, New-York. On nous décrit souvent comme un groupe qui fait du folk, étant donné que je joue de la guitare acoustique mais je dirai qu'il s'agit de pop psychédélique.  

Comment s'est passé ton concert vendredi?
C'était vraiment cool, on a adoré le lieu (la Flèche d'Or, ndlr).

C'était la 1ère fois que tu y jouais?
Oui, la dernière fois on a joué à l'International et au Pop In, donc là c'était une salle beaucoup plus grande, mais les gens ont eu l'air d'aimer. On jouait en premier mais il y avait du monde.

Tu rejoues mardi à l'International, tu as hâte, tu stresses?
Je ne suis pas stressé, non. Enfin si, mais que les jours "off". J'aime avoir un but, avancer. Mais bon ça me donne l'occasion de voir Paris. En plus aujourd'hui c'est la Saint Valentin, donc je vais pouvoir emmener ma copine déjeuner après.

Tu prends ça au sérieux la Saint Valentin?
Non, c'est juste une bonne excuse pour se faire un bon restaurant!

Hier c'était les Grammy's tu as regardé?
Non, mais je sais qu'Arcade Fire a gagné. Ce n'est pas mon truc. J'ai aimé les 2 premiers albums mais ils me rappellent Bono de U2 maintenant! (rires) Je n'arrive pas à me faire à leurs manières. Ils ont de l'ambition et tant mieux pour eux, on a besoin de grand groupe rock'n'roll dans le monde.

Ce qui a surpris tout le monde c'est que ce sont les Black Keys ont gagné l'album de l'année.
Ça c'est cool, je suis heureux pour eux vraiment, ils sont géniaux!

Qui t'inspire dans l'industrie musicale?
Je dirais que les carrières de Scott Walker et Robert Wyatt m'inspirent profondément. Ce sont deux artistes qui ont des visions si particulières, complètement intemporelles et qui, passés 50 ans, arrivent à faire de la très bonne musique. Et dans la pop, Elvis Costello fait de l’excellente musique, il a fait de très bons choix au fil des années. Je me sens proche de quelqu'un comme Bill Callahan. Il a une bonne attitude, très terre à terre, il se considère comme un artiste et pas comme une rock star. Et il en va de même pour moi, je n'ai jamais voulu être une grosse pop star, je veux simplement faire la musique qui m'intéresse.  

Quand as-tu décidé de faire de la musique? Il y a eu un événement déclencheur ou tu berces dedans depuis tout petit?
Depuis tout petit. Mon père était chanteur dans un groupe, j’avais 16 ans lors de mon premier concert, je faisais sa 1ère partie. Ensuite persévérer la dedans, c'est autre chose, mais je passe mon temps à écrire et enregistrer et je veux que les gens écoutent ce que je fais, donc je n'ai pas vraiment le choix. Je ne peux vraiment pas me passer d'écrire.  

Comment ça se passe justement au niveau de la composition et de l'écriture? Par lequel commences-tu?
J'essaie de tout faire en une fois. J'ai une idée, souvent la musique, ensuite j'ai ce rouleau de papier de 3 m de long et j'ai écrit toutes mes chansons dessus. Je peux écrire que quelques notes sans forcément finir la chanson mais c'est un bon moyen pour moi de garder une trace de ce que je fais.

Et ensuite tu fais comment pour choisir parmi toutes celles que tu as composées?
Ça c'est la partie la plus difficile! Déjà il y a notre label, notre manager qui nous demande certains trucs ce qui me pousse à terminer et avoir une date butoir aide quelque part.

Où rêverais-tu jouer?
Chez moi à New-York, dans le Bowery Ballroom. C'est un peu comme la Flèche d'Or, en plus grand et c'est vraiment très beau. J'ai vu The National, quand ils ont commencé à percer là-bas, ils y ont joué cinq soirs de suite. Donc je pense que ça serait très romantique d'y jouer et fantastique de le remplir mais bon là je tourne en Europe et je joue dans pleins de villes magnifiques. J'aimerais jouer un peu plus au Nord, explorer un peu. 

C'est comment la vie en tournée? Tu aimes, tu t'ennuies?
Non, j'aime bien. Je m'y habitue de plus en plus. Aux États-Unis, être en tournée c'est nul, tu es dans un van, tout est loin, tu passes ta vie en voiture, c'est super ennuyeux. Mais ici, tu prends le train, et peut-être parce que je n'ai jamais fait de tour bus pour moi c'est génial, j'ai l'occasion de me reposer dans le train pendant quelques heures, ensuite arriver dans la ville suivante, ça me convient parfaitement. C'est un des Rolling Stone qui disait "une tournée c'est 5% sur scène et 95% d'attente". C'est ce que je n'aime pas, toute cette attente. Même quand tu vas à la salle de concerts, tu fais tes réglages à 18h et tu ne joues pas avant 23h, ça te fait 5h d'attente, c'est pourquoi il y a autant d'alcooliques dans la musique!

Ton groupe s'appelle The World Without Magic et justement qu'est-ce que serait un monde sans magie pour toi?
En théorie c'est le lieu où je ne peux pas faire de musique, ni être entouré des gens que j'aime. J'ai longtemps lutté contre mon côté assez déprimé et je crois que la musique m'a permis de m'en extirper. Donc oui un monde sans musique serait plat, terne, sans caractère, même si ça sonne très niais dis comme ça.  

Pour qui rêverais-tu d'ouvrir?
The National! Je les respecte beaucoup aussi bien en tant que paroliers que musiciens. Boxer est pour moi leur meilleur album, les paroles sont géniales. Ou sinon Robert Wyatt, je peux continuer comme ça longtemps... Pour David Bowie!

Ton meilleur souvenir jusqu'ici avec ton groupe?
Je pense que c'est un soir à Paris, on a réalisé qu'on était loin de chez nous et que malgré tout on se sentait acceptés, au Pop In je crois. Je me sentais apprécié, que les gens acceptaient de me donner une chance, c'est tout ce que je demande. Trouver les bonnes conditions pour que les gens aient envie d'écouter ta musique, c'est le plus dur. Il y a eu un moment comme celui-ci à Madrid également.  

dimanche 16 janvier 2011

BLACK AND YELLOW

Un nom à coucher dehors, une pop enchanteresse, un humour décapant, voilà la formule magique des six lillois de Roken Is Dodelijk. Après un EP, The Terrible Things, dit "du matin", qui est, après vérification, en effet parfait pour vous mettre de bonne humeur pour la journée, on attend avec impatience leur premier album, prévu pour mai. Entretien téléphonique, entrecoupé de fous rires avec Jérôme Voisin, le chanteur du groupe.





Roken Is Dodelijk (Fumer c'est mortel, en néerlandais) c'est pour être sûr que personne n'arrive à retenir votre nom ou c'est un trip défoncé à Amsterdam en voyant votre paquet de clopes?
Non, on s'est juste dit que ce serait bien de trouver un nom qui permette de faire un suicide commercial, c'était parfait!

Etant tous originaires de Lille (mise à part un qui vient de Lens), vous pensez quoi de la scène lilloise actuelle?
C'est super vivace, il y a beaucoup de styles de musiques différents qui sont représentés et du coup il y a vraiment beaucoup de gens qui font de la musique à Lille. Je crois que je ne connais pas beaucoup de gens qui n'en font pas en fait.

Une journée type pour Roken Is Dodelijk?
On se réveille vers 19h, on prend une douche et à 19h30 on va au bar (rires). Non, non, déjà elles sont différentes pour chacun puisqu'on est six dans le groupe et qu'on ne fait tous la même chose tous les jours, comment décrire une journée type? Faut mentir? Personnellement je passe beaucoup de temps à bidouiller sur mon ordinateur des nouveaux morceaux, on passe pas mal de temps avec Jérôme, le guitariste du groupe, pour composer des nouveaux morceaux et travailler sur les projets en cours. Ça se passe beaucoup dans un caleçon dans un salon!

J'ai entendu dire que l'album avait été enregistré en trois semaines en Bretagne, dans une ferme abandonnée, tu confirmes?
Ce n'est pas une ferme abandonnée, c'est un corps de ferme qui est utilisé parfois par une salle de concert, vers Carray, qui s'appelle le Bacardi, je ne sais plus le nom de la ville (Callac, ndlr). Ils se servent de ce corps de ferme pour loger des groupes, on avait entendu parler de cet endroit et après avoir visité d'autres lieux en Bretagne, on a choisi celui là. Le but c'était de passer trois semaines un peu en autarcie pour enregistrer quelque chose. Donc on était dans ce grand corps de ferme avec plein de chambres qu'on a transformé en studio, on est venu avec tout le matériel, il y avait une chambre avec la batterie, une chambre avec la guitare, une autre avec les claviers, une autre avec les voix, c'était assez marrant on dormait au milieu du matériel.

L'enregistrement s'est passé comment, vous aviez déjà tout préparé ou vous avez laissé de la place à de l'impro?
On a travaillé avec un réalisateur qui est Fred Avril, qui lui a fait pas mal de choses différentes, il a sorti deux albums chez F Communications, le label de Laurent Garnier, plus électro, il a fait des BO de films, notamment le court métrage « Music for One Apartment and Six Drummers », qui s'appelle Sound Of Noise, primé au festival de Stockholm, il a eu le prix de la meilleure BO. On a travaillé avec lui pendant toute une période auparavant, pour préparer l'enregistrement. On a sélectionné une vingtaine de morceaux, puis le nombre c'est réduit au fur et à mesure . Sur les trois semaines on a fait une semaine où on finalisait ensemble les derniers arrangements, les structures des morceaux et les deux dernières semaines, on a enregistré comme des stakhanovistes, on se levait vers 10h et couchait vers 5h du mat, pendant trois semaines donc c'était un peu physique. On a tout enregistré en condition live, il y a quelques prises qui sont refaites après, par exemple des arrangements de claviers ou de voix mais la base du truc on ne voulait pas que ce soit quelque chose de fait prise par prise avec un clic, mais vraiment avoir un jeu de groupe.

Entre votre dernier EP, The Terrible Things, et votre album à venir, quelles vont être les différences majeures? Sachant que deux morceaux de The Terrible Things seront sur l'album.
La production est un peu différente, sur l'EP il y a cinq titres qui ont été mixé par nous à la maison, donc on a laissé beaucoup d'erreurs, d'imperfections avec lesquelles on a joué. Fred Avril lui, dans sa méthode de mix est beaucoup plus clair et beaucoup large, donc c'est déjà la différence entre les deux titres qui sont sur l'EP et les autres. C'est un son un peu différent, plus péchu que sur l'EP.

Oui, car vous aviez décrit le son de l'EP comme une musique du matin.
Voilà. On avait deux titres de l'album qu'on avait pris pour cet EP et on a essayé de construire quelque chose de cohérent autour de ces deux titres. On s'est dit que c'était une direction qui nous intéressait, ça c'est ce qu'on peut mettre le matin pour se réveiller, pour partir du bon pied dans la journée. Je pense que c'est quelque chose qui parle à plein de gens, après ça ne se traduit pas dans la même musique pour tout le monde, il y a des gens qui n'écoutent pas du tout ce genre de musique le matin mais en tout cas pour nous c'était le genre de disque que l'on souhaiterait pour commencer une journée.

Pourquoi chanter en anglais?
Pour moi c'est quelque chose d'assez naturel et je n'ai jamais vraiment écouté de musique chantée en français. Pour moi l'imaginaire musical est beaucoup plus lié à la langue anglaise, j'ai déjà tenté d'écrire en français et ce n'est pas naturel. J'ai l'impression que le sens limite beaucoup la musicalité en français, on doit faire beaucoup plus attention aux sens des paroles en dehors de la musique, ce qui n'est pas le cas en anglais, où les mots en eux mêmes attirent la musique, c'est à dire qu'il y a une rythmique dans les mots qui est déjà mélodieuse. Alors que les intonations et les mots en français sont monocordes à la base, même s'ils sont plus variés, plus précis, je trouve que c'est plus dur de jouer avec avec justesse. Il y a des gens qui le font très bien, mais chez nous ce n'est pas très naturel de chanter en français.

Si je fais un parallèle entre vous, Roken Is Dodelijk, les Bewitched Hands et Arcade Fire tu vois le lien ou je suis complètement à côté de la plaque?
Le point commun c'est qu'on est beaucoup sur scène avec une fille dans le groupe. On aime bien tous également s'exprimer en live, avoir quelque chose d'un peu chorale, comme tout le monde chante, dans la manière d'aborder les lives il y a quelque chose de commun, après sur disque c'est quand même très différent.

Quels sont vos influences, à six elles doivent être nombreuses mais celles sur lesquelles vous vous rejoignez?
On a déjà discuté de ça tous ensemble parce qu'un jour on nous a demandé « quels sont les cinq CDs que vous avez en commun? », et on s'est rendu compte qu'on a pas cinq CDs en commun! Moi par exemple, j'écoute pas énormément de musique différente, j'aime beaucoup les crooners ou les groupes acapellas, Jay aime bien Neil Young, Guiguite c'est une sorte de boulimique de musique qui écoutera plus de disques dans sa vie que j'écouterai de chanson, c'est très varié.

Justement si tu avais un album (mis à part le votre) que tu attendais en 2011 ce serait lequel et pourquoi?
L'album de Roken va vraiment être... Non, pour 2011 j'espère que nos copains de Baden Baden vont sortir leur album. Eux pour le coup, il y a une vraie trajectoire parallèle, ce sont nos potes à la base, ils ont commencé un peu après nous mais en gros j'avais présenté mon pote Lardon, à Eric, le chanteur et leur bassiste c'est un super pote de notre bassiste. On est très proche, on fait des choses en commun parfois, donc ça serait très bien que l'année prochaine ils sortent un album en même temps que nous comme ça on pourra faire plein de tournées ensemble.

Votre prochain c'est avec eux en plus, non?
Oui, on fait un showcase à la Fnac le 20 et le 27 janvier au joue avec eux, c'est cool ça fait longtemps qu'on a pas joué ensemble. Je crois que la dernière c'était à Paris à l'OPA il y a 2/3 ans, donc oui je suis super content.

Arrivez-vous à vivre de votre musique?
Oui on arrive à vivre comme des cochards! (rires) C'est clair que le rapport au temps qu'on y passe et l'argent qu'on gagne c'est pas énorme mais on se consacre principalement à ce projet.

La scène: kiffe ou stress?

On est jamais stressé avant de monter sur scène, c'est vraiment quelque chose qui est assez naturel. Ça fait un bout de temps que l'on tourne ensemble donc on se connait bien, c'est vraiment un kiffe pour nous, sinon on ne ferait pas ça.

jeudi 2 décembre 2010

I LOVE YOUR DIAMOND SHAPED TATTOO. THANKS IT'S MY ENGAGEMENT RING

Je vais vous avouer quelque chose. Quand je fais une interview, je prépare toujours beaucoup trop de questions que celles que je pourrai poser au regard du temps qu'il m'est imparti, par stress, par peur que l'artiste n'ait rien à dire, ne réponde à côté, ne capte pas où je veuille en venir. Ce qui fait que je me retrouve régulièrement avec une quantité astronomique de questions, et autant de réponses, à dérusher, avant d'élaguer le tout: des réponses trop longues en passant par les questions bancales. Dans un souci de transparence (wikileaks syndrome) -et pas du tout par flemme d'écrire de nouveaux articles- je vous propose donc la version UNCENSORED de mes interviews. 



                    Sleigh Bells @ Point Éphémère, 2010 (© Anh Phi


À l'occasion du concert parisien de Sleigh Bells, au Point Éphémère, j'ai pu constater de la puissance de la noise pop du groupe en live. Un show fait de sueur, de cris, de stroboscope, où les riffs de guitare contrastaient à merveille avec la voix suave d'Alexis Krauss, la chanteuse. Cette bête de scène se révèle être d'une douceur infinie à la ville. 


Comment un serveur, ex-membre d'un groupe hardcore (Poison The Well) rencontre une ex-membre d'un groupe de pop adolescente (Rubyblue) devenu enseignante ?

On s'est rencontré à Brooklyn, Derek venait d'arriver de Floride afin de travailler sur sa musique et de trouver la voix qui collaborerait à son projet. À l'époque, j'enseignais à plein temps, je continuais à chanter professionnellement pour les fans, à faire des sessions avec des paroliers, faire des démos mais rien de plus. Un jour, avec ma mère, nous sommes allées dîner dans le restaurant où Derek travaillait. Il était notre serveur, ma mère étant très bavarde, elle lui a posé plein de questions. Il s'est trouvé qu'il venait de Floride, tout comme elle. Elle a donc voulu savoir ce qui l'avait amené ici. Il lui a expliqué qu'il travaillait dans la musique, aussitôt elle lui a dit que j'étais chanteuse, j'étais tellement gênée, je priais pour qu'elle se taise en levant les yeux au ciel mais cela a intéressé Derek. Je lui ai donc expliqué que je chantais depuis toujours aussi il m'a proposé de lui donner mon email pour qu'on se revoit et qu'il me fasse écouter ce qu'il composait. Comme je sentais qu'il ne me draguait pas et qu'on allait réellement parler musique, je lui ai donné. On ne vivait qu'à trois blocs d'écarts, du coup on s'est revu rapidement, il m'a fait écouté ses compositions sur sa guitare et j'ai adoré. J'étais très enthousiasmée par son projet, je n'avais jamais rien entendu de pareil auparavant. On a commencé à enregistrer et on aimait vraiment ce qu'on faisait, cela sonnait juste, donc on a persévéré dans cette voie. Ensuite, je suis retournée enseigner, j'ai fini l'année scolaire et j'ai décidé de travailler à plein temps avec lui. On a commencé à faire des concerts en septembre 2009. On a eu beaucoup de chance, on a joué sur plein de lines-up géniaux et les gens on eu l'air d'apprécier très rapidement ce qui nous a permis de continuer et nous voilà aujourd'hui !


Comme vous ne vous connaissiez pas depuis longtemps, cela n'a pas été difficile de travailler ensemble? Il y a -t-il eu des quiproquos, des malentendus?

C'était étonnamment simple et je pense que c'est pour ça que l'on a continué. Derek avait une idée très claire de ce qu'il voulait, on en a discuté, je comprenais ce qu'il voulait, il aimait ce que j'étais capable de faire, créativement on était sur la même longueur d'ondes depuis le début, on a jamais dû se battre sur quoique ce soit. Je pense que c'est pour cela que tout a été possible, car comme je l'ai dit auparavant j'enseignai, chose que j'adorais, et pour l'abandonner il fallait vraiment que je crois au potentiel de notre projet. Pas d'engueulade, de stress, juste du fun! 


Vous venez d'horizons musicaux complètement opposés, comment avez-vous réussi à les concilier ?

C'est amusant, tout le monde catalogue Derek dans la case hardcore à cause de son groupe, alors qu'en réalité il écoutait beaucoup de pop. À l'inverse de moi qui préférais écouter des trucs plus forts. Donc même si on jouait de la musique dans des genres tout à fait opposés, nous avions les mêmes influences. Nous sommes des gros fans de la Motown, de la soul, des groupes féminins des années 60 comme The Supremes, après on est aussi fan de punk rock classique que ce soit les Ramones ou les Clash. En réalité, on est des fans de pop mais également de sons plus lourds, ce qui a fait que ça a marché entre nous, on savait d'où on venait et où on voulait aller. Au final, Derek et moi ne parlons pas tant que ça de musique, on en parle mais de manière abstraite des sensations qu'elle nous procure. Par exemple, quand on enregistre, si on veut parler de ce qu'on veut vocalement on va dire "ça a besoin de pétiller ou de briller davantage, que ce soit plus doux ou plus rêche", c'est assez vague finalement. On ne dira jamais "je veux que ça ressemble à tel ou tel groupe" mais "je veux que l'on ressente ça". En tant que chanteuse, je le vois comme un jeu d'actrice, je mets vocalement dans la peau de ses divers personnages afin d'avoir un état d'esprit différent à chaque chanson. Une chanson comme Rill Rill est complètement différente d'Infinity Guitars et c'est ça que j'adore : devenir une personne différente sur chaque chanson.


Comment avez-vous enregistré l'album ? 

On a commencé à enregistrer des démos en septembre 2009. Les enregistrements se faisaient sur des choses que Derek avait travaillées depuis des années et comme je travaillais encore à plein temps, c'est également lui qui faisait une grande partie de l'écriture. Puis nous avons passé deux mois au Treefort Studio avec Shane Stoneback pour ingé son. C'est réellement un travail d'amour, qui n'appartient qu'à nous trois. C'est Derek qui a écrit et composé l'essentiel de la musique, ensemble on a davantage travaillé sur les mélodies et les harmonies, sur des chansons comme Riot Rhythm, Tell Them ou encore Run the Heart. Mais c'est sûr que notre prochain album sera beaucoup plus collaboratif. C'est amusant, parce qu'auparavant, je n'avais jamais travaillé dans la musique. Je veux dire j'étais chanteuse mais je n'écrivais aucun de mes textes donc quand on a commencé à travailler ensemble (avec Derek) ça m'a paru normal de ne pas participer à l'écriture. Maintenant c'est différent, je me sens beaucoup plus investie, il s'agit de ma musique à présent.


L'histoire veut que ce soit Spike Jonze qui vous ait découvert et introduit auprès de M.I.A, racontez-nous un peu.

Une amie à nous écrivait pour le blog de Spike Jonze pour le film Where The Wild Things Are, et elle est la première à avoir écrit sur nous. On n'avait que quelques chansons sur Myspace à l'époque. Ensuite, Spike a lu son blog (rires) et il a apprécié notre musique et l'a fait écouter à M.I.A, qui nous a aimé également et avec la spontanéité qu'on lui connaît elle nous a immédiatement contacté, a pris un vol pour New-York, Derek a travaillé sur la production de son dernier album et on a signé sur son label (N.E.E.T. Recordings, ndlr) en partenariat avec notre autre label, Mom + Pop Records, ce fut un enchaînement d'événements surréalistes !


Comment s'est passée votre collaboration avec M.I.A, elle qui est connue pour son extravagance, est-elle également ainsi professionnellement?

M.I.A comme beaucoup d'icônes pop est vue comme beaucoup plus impressionnante qu'elle ne l'est en réalité. Personnellement je la trouve très douce et terre à terre mais ses idées et son ambition sont énormes.


En France, on vous décrit souvent comme un mélange des Ting Tings et Crystal Castles, qu'en pensez-vous ? Comment prenez-vous cette comparaison ?

Derek et moi sommes de grands fans de Crystal Castles, si on nous compare à eux c'est sûrement par rapport à une certaine forme de brutalité qui nous est commune, bien que la voix d'Alice Glass et la mienne soient complètement différentes. D'ailleurs, leur travail de production est magnifique. Pour ce qui est des Ting Tings, c'est sans doute pour le côté plus pop et doux que revêtent certaines chansons, donc oui cela fait sens. Même si c'est toujours étrange pour nous de se voir comparer à d'autres groupes.


Pouvez-vous nous parler un peu de l'artwork de Treats, où l'on peut voir des pompoms girls aux visages déformés, fondus pour ainsi dire ?  

Sleigh Bells - Treats


Les photos de la pochette d'album viennent du yearbook de lycée de la mère de Derek qui datent des années 60. C'est une imagerie américaine on ne peut plus classique, mais à la douceur des pompoms girls se mêle le côté dérangeant de leur absence de visages. Cela reflète bien notre musique, on fait de la pop comme je l'ai dit précédemment mais avec quelque chose de très noir dedans. On aime jouer entre le léger et le lourd, le dur et le doux. Notre album essaie simplement d'illustrer cette alchimie.  


Un clip de fan a été réalisé avec la chanson "Riot Rhythm", l'avez-vous vu? Qu'en avez-vous pensé? Cette initiative vous a-t-elle plu?

Sleigh Bells "Riot Rhythm" from Bo Mirosseni on Vimeo.

Bo, le réalisateur, nous a emailé la vidéo, c'est hallucinant il a juste crée cette vidéo avec ses propres moyens. Il nous a proposé d'en faire le clip officiel de Riot Rhythm, le problème c'était que Derek et moi avions une autre idée depuis longtemps, on a donc dû refuser en lui souhaitant quand même bonne chance! Et ça a bien marché, sa vidéo à fait le tour des blogs, c'est génial, en plus ça nous fait de la pub à l'oeil (rires). C'est une vidéo intelligente et marrante, il a fait du bon boulot.


Vous aimez la tournée?

Oui, bien sûr c'est fatiguant, mais on en est encore au début pour nous: de plus en plus de monde nous découvre c'est encore très excitant, très frais.

Vous semblez très douce, presque timide, alors que sur scène vous êtes limite bestiale, quel est le secret de ce dédoublement de personnalité ?

J'ai toujours pensé que si la musique te prend vraiment aux tripes, qu'elle est puissante et entraînante, j'aurais l'air vraiment ridicule si j'étais là à chantonner calmement dans mon coin, je serais d'un ennui ! Si j'étais vraiment moi, je baisserais sûrement les yeux aussi, mais ça n'aurait aucun sens, donc j'ai dû me forcer à perdre mes inhibitions et me laisser transporter par la musique. Cela te permet de ne plus penser à ce que les gens vont penser de toi et d'être sans doute plus intéressante que si tu avais vraiment conscience de ce que tu fais. Quand je vais à un concert, je veux voir autre chose que l'album que j'ai chez moi, je veux expérimenter quelque chose, je veux danser, m'amuser et c'est ce que nous voulons que les gens ressentent à nos concerts. On veut qu'ils aient chaud, qu'ils transpirent, qu'ils ressentent vraiment quelque chose, pas qu'ils soient juste contemplatifs, on veut qu'ils soient actifs.


Vous sentez une réelle différence entre le public français et américain ?

Notre dernier concert en France a été extraordinaire, très drôle, les jeunes étaient tous torses nus en train de danser. On a un avantage aux États-Unis, c'est que les gens nous connaissent mieux alors qu'ici ils viennent plus pour nous tester, ils ne sont pas forcément fans à l'avance. Donc nos concerts aux US sont peut-être plus dynamiques même si on n'a pas à se plaindre des deux côtés de l'Atlantique. On a pas encore fait beaucoup de shows en Europe, on doit encore gagner notre crédibilité, on croise les doigts !


Vous vous êtes rencontrés à Brooklyn avec Derek, le quartier de la hype musicale par excellence, est-ce que vous êtes d'accord? Vous considérez-vous comme hype ou pensez-vous être considérés comme tel? 

Brooklyn est devenu l'un de ses endroits où il y a une multitude de gens créatifs et talentueux dans un espace très concentré, donc c'est très simple de rencontrer des musiciens, ce qui facilite la création de groupes. En ce qui nous concerne, on n'est pas vraiment un groupe de Brooklyn, ça a été notre point de rencontre mais ça n'a jamais eu une influence majeure sur notre musique. De même façon on n'y a très peu joué, mais il est vrai que beaucoup de personnes nous associent à ce lieu. Pour ce qui est de la hype, on a eu beaucoup d'attention très vite ce qui fait que beaucoup de personnes sont très sceptiques quant à notre capacité à durer, ils nous voient comme un "one hit band", ceux qui font le buzz maintenant mais dont on ne parlera plus dans six mois. Je crois qu'on est en train de leur prouver qu'ils ont tort. Avant la sortie de l'album, les gens n'arrêtaient pas dire "leur album va être mauvais" alors qu'au final on n'a eu que de bons échos. Ce n'est pas parce qu'on nous a présenté ou connu comme un buzz band qu'on n'est pas là pour durer et faire de nombreux albums qui plairont aux gens, ou du moins c'est ce que je souhaite !


Quels sont vos projets à venir ?

Nous sommes en tournée jusqu'à la fin de l'été prochain, il nous reste encore plein d'endroits à découvrir. Nous allons en Australie, au Japon puis à nouveau en Europe avant d'aller à la conquête de nombreuses villes aux États-Unis au printemps. Donc finalement, il s'agira de présenter notre album au plus de monde possible avant de retourner et d'en enregistrer un nouveau. On a l'impression que cela fait depuis toujours que l'on joue, notre album étant court, 32 minutes, on s'en lasse rapidement, donc on a hâte d'entrer à nouveau en studio pour enregistrer de nouvelles choses.


BONUS:

SLEIGH BELLS "Infinity Guitars" live in Paris / Point Éphémère 

mercredi 1 décembre 2010

JE VIENS DE COMPOSER UNE PUTAIN D'INTRO

Par un samedi ensoleillé et quelques heures avant leur concert à la Flèche d'Or, je rencontre les deux zoulous du groupe d'électro-pop/rock Call Me Senor à la terrasse d'un café. Sur leur 1er EP, Oh La La, on sentait déjà toute l'énergie d'Alex (à la guitare) et JB (au chant), il en est de même IRL, jugez plutôt.


Call Me Senor @ La Flèche D'or, le 27 novembre 2010. (copyright Anh Phi)

La musique à l'origine c'est pour choper des filles ou ça a toujours fait partie de vos vies?

Alex: Je chopais plus de filles avant de faire de la musique.
JB: La même, on avait plus de temps pour choper des filles avant. On a toujours écouté énormément de musique et au bout d'un moment tu te poses la question si ça serait intéressant d'en faire, de passer le cap. T'es fan de musique, t'as des posters dans ta chambre et tu te dis tiens ça serait cool d'essayer d'en faire.  
Alex: Pour certains c'est leurs parents qui les poussent alors que nous c'est venu de nous même, instinctivement on n'a pas essayé de reprendre d'autres groupes, on a appris seul à composer chacun de notre côté.  


Avant Call Me Senor, vous faisiez partie de The Victorians, de 2004 à 2007, pile au moment de l'effervescence autour du "renouveau de la scène rock française", vous en gardez quel souvenir?

JB: Nous on était plus en retrait, de par notre son, il y avait beaucoup de trucs qui sonnaient très Libertines, très Strokes, on l'était un peu, parce que c'était dans l'air du temps, clairement on a tous été inspiré par ça, mais avec The Victorians, au fur et à mesure, on est parti sur un délire un peu brit-pop, gros fan d'Oasis, de Blur, de choses comme ça, donc on était à la fois dans le truc et en décalage par rapport aux autres.  
Alex: Après sur le phénomène, évidemment nous ça nous dérangeait un peu d'être associés tout de suite à des groupes qui ne faisaient pas du tout le même style de musique. Mais on ne peut pas nier que ça a créé un engouement et que ça nous a permis d'aller jouer en Angleterre, ce qui ne se serait jamais passé autrement. C'était grâce à cette effervescence que certains groupes ont eu la chance d'aller en Angleterre, d'avoir des documentaires sur eux etc. C'est dur de s'en plaindre, quand ça t'amène ce genre de chose. Mais c'est vrai que c'était un peu horrible ces soirées "Passe ton Bac", nous on l'avait déjà eu depuis un moment, ça faisait un décalage. En plus, on n'avait pas le même son, nous on cherchait plus, déjà, la mélodie, ce qu'on a continué avec Call me senor et ce qu'on a perfectionné dans ce groupe là, alors que les autres c'était plutôt la rage, balancer 2/3 accords bien et l'énergie, être sur scène quoi.  


J'ai cru comprendre que vous n'aimiez pas qu'on vous parle de "scène parisienne", vous pouvez m'expliquer pourquoi?

JB: Pour moi, c'est parce que la scène parisienne n'est pas particulièrement excitante en ce moment.
Alex: Ça dépend à quelle période tu fais référence. 
JB: Ouais, mais là, à Paris, il y a peut être un ou deux groupes capables de nous exciter... 
Alex: Et on joue avec eux ce soir! (Sourya et Neimo, ndlr)
JB: Et on joue avec eux ce soir ouais, mais sinon ce n'est pas un truc excitant, on a clairement pas envie de s'ancrer dans un mouvement qui n'est pas forcément celui qui nous plaît et qui est un peu endormi en ce moment. Certes, on est très parisien en ce moment, sur nos concerts, notre son, parce que de toute façon ce qui nous nourrit c'est cette ville, au moins en partie. On est dans une période Paris, mais à termes on va essayer de jouer un maximum à l'étranger. C'est l'objectif, notamment pour 2011.  
Alex: Le truc c'est que quand tu es associé à un courant, c'est facile de faire des généralités, de dire: "de toute façon ça c'est passé, ça c'est nul, ils ne se réinventent pas, ils font la même chose". L'autre truc c'est des articles lus et des débats dans Rock'n'Folk & co: ils prennent un groupe au hasard, à l'époque dont on parlait ils ont pris les Naast, ils ont tapé dessus comme des malades et maintenant ils disent "ouais peut être que c'était pas si mal, on n'aurait pas dû y aller aussi fort sur eux". C'est un peu abusé de faire des courants, d'en choisir un de le mettre en égérie puis le taper dessus jusqu'à ce qu'ils arrêtent la musique. Les Naast c'étaient des gamins à l'époque, ils avaient quoi, 17 ans? C'est pas cool de faire ça. Donc nous on préfère se différencier dès le départ.


JB tu disais que la scène parisienne n'est pas très excitante en ce moment, pour vous quelle scène, aujourd'hui, l'est?

Alex: Pas Londres en tout cas... Ça doit être L.A, mais ça fait chier! 
JB: Non mais par exemple à New-York récemment il y a des trucs assez cool… 
Alex: Ça c'est pas mal essoufflé depuis 2007 quoi, à l'époque t'avais 30 groupes qui étaient tous bons et après t'aimais ou t'aimais moins, maintenant c'est un peu dur, il y a 10 albums, il y en a 2 que tu écoutes en entier quoi. 
JB: Il reste des trucs comme le rappeur Das Racist qui me fait marrer, il fait partie de Boy Crisis, c'est des trucs qui m'amusent et qui me branchent.
Alex: Y'a les Raveonettes aussi, qui sont quoi Suédois, Norvégiens? (Danois, ndlr) 
JB: Y'a pas vraiment de ville qui nous branche en particulier, peut-être que ce sera Paris avec une prochaine scène, je ne sais pas.  


Vous êtes un groupe parisien, français, alors pourquoi chanter en anglais?

JB: Parce que justement on est français, parisien et tout, mais c'est un moyen de rejeter ce truc de Paris et pas spécialement s'inscrire là dedans. On veut bien, à la rigueur, à l'étranger être considéré comme français, ça devient un peu marrant, ça te donne un petit exotisme.
Alex: Comme on est surtout distribué sur le label Shakermaker, qui est un label digital, c'est juste dommage de se limiter à la France, la Belgique, la Suisse, le Luxembourg, ça fait léger quoi. 
JB: L'Angleterre c'est un truc qui nous fait vibrer et auquel on aimerait s'attaquer
Alex: Ça nous permet de travailler à avoir des textes écoutables et lisibles, davantage que le groupe parisien qui va juste faire un best of des paroles d'Iggy Pop, des Beatles ou des Stones, avec les mêmes rimes tout le temps, où tu es capable de finir la phrase d'après la rime précédente, alors même que c'est la première fois que tu écoutes la chanson. Comme ça on pourra passer pour un groupe non parisien, peut-être.  


Call Me Senor ça vient d'où, c'est un trip entre vous ou il y a une vraie explication derrière?

Alex: C'est un trip entre nous, on a fait ça ensemble, on a trippé sur cinq noms assez cons, et on a choisi celui là. Notamment parce que tu as deux mots anglais, un mot en espagnol, ça allait bien avec notre idée de brouiller les pistes.


Niveau composition ça se passe comment?

Alex: Soit on fait tout ensemble tous les deux, soit, ce qui s'est plus passé ses derniers temps: JB écrit une chanson ou je l'écris et après on se la passe à l'autre. 
JB: Ou alors on la termine à deux pour être sûr d'être d'accord sur tout. 
Alex: On a fait partie d'un groupe avant les Victorians, donc ça fait sept, huit ans qu'on est dans les mêmes groupes
JB: qu'on fait de la musique ensemble, on se connaît à mort. Et l'intérêt, vu qu'on est que deux, c'est qu'on va super vite. Le filtre pour les chansons c'est juste qu'elles plaisent aux deux et dans ce cas là on passe direct à l'étape suivante.  
Alex: Ça permet d'écrire plus vite mais c'est aussi plus fatiguant, on s'y attendait. Au début c'est super excitant, tu peux contrôler presque toute la "chaîne de production", on a décidé de tout faire tout seul mais y'a des moments où c'est dur.  


Pour vous la scène c'est un kiffe ou vous avez la trouille?

JB: Récemment pour moi, la scène c'est vraiment devenu uniquement un moment de plaisir, et moins en moins de trouille. C'est plus tellement un truc que j'appréhende, il y a quelques dates où il y a des enjeux, mais pour nous l'enjeu va de plus en plus être dans l'écriture de la chanson. Enfin je le vois comme ça, là où je stresse c'est d'écrire la chanson ultime. Sur scène on se marre en général. 
Alex: On répète beaucoup pour être carré, carré, carré, tout le temps. Après le but 1er en concert c'est pas forcément que les gens écoutent tes chansons,  évidemment que si mais pour ça t'as le support chez toi, le plus important c'est surtout qu'ils passent un bon moment. On a tendance à ne pas jouer les acoustiques en live, ce soir par exemple on ne va pas le faire, on veut vraiment faire un set de 40 minutes où les gens vont danser, s'éclater et voilà. En général on fait des concerts le vendredi, le samedi soir, que ce soit au Bus Palladium ou à la Flèche, t'es vraiment là pour te faire plaisir mais surtout faire plaisir aux gens. Tu peux avoir -je ne devrais pas dire ça- des coupures de sons, des problèmes, si jamais tu assures, tu passes un bon moment et les gens se marrent aussi, la soirée est sauvée et en général les programmateurs sont très contents de ça. Maintenant qu'on fait quelque chose de plus électro avec ce groupe, c'est très facile sur piste, en live moins, surtout à deux, il nous faudrait beaucoup de machines, beaucoup de personnes. Donc on a un peu changé, les guitares sont différentes, il y a des voix qui ont changé, des choeurs et tout, donc c'est en plus une nouvelle expérience, c'est plus adapté à la scène. Nous on les connaît par coeur les chansons donc c'est plus marrant de les jouer différemment sur scène.  


Est-ce que vous réussissez à vivre aujourd'hui de votre musique?

JB: On a eu un ou deux mois où à ce rythme là ça serait bon. Là on est en préparation, c'est un peu bizarre à expliquer, mais on a un peu pris notre temps. Au début on ne l'a pas fait, et on a vu qu'il fallait peut-être le prendre. Le déclic ce sera 2011, s'il y en a un, pour l'instant on prend notre temps, on ne fait pas beaucoup de concerts, on écrit, on essaie d'attirer l'attention, après on verra.  
Alex: C'est aussi la différence par rapport à tous nos groupes d'avant. Auparavant, on avait tendance à faire plein de concerts, là c'est vrai que si on faisait un concert tous les soirs, partout en France, juste de quoi se défrayer et y aller, on pourrait, mais on l'a déjà fait avec nos groupes, tu joues joues joues et au final tu as deux, trois articles. Alors que là on a sorti un premier produit, on va en sortir un deuxième, on essaie de faire les choses dans l'ordre, avec des gens qui nous plaisent pour être sûr du résultat. En prenant notre temps on finit par gagner du temps. (rire général) Tu peux le mettre en caractère gras ça! Et à Paris, même quand ton groupe marche bien tu ne peux pas faire un concert par semaine, le max c'est un par mois, sinon les gens ne viennent pas, c'est à peu près ce qu'on fait maintenant.  


JB, Call Me Senor @ La Flèche D'or, le 27 novembre 2010. (copyright Anh Phi)


BEST OF

Votre meilleur concert en tant que Call me senior?
(en choeur): Bus Palladium
Votre meilleur concert en tant que spectateur? 
JB: Récemment, les Foals à Manchester, j'adore le 2ème album, ainsi que le 1er, et là être au milieu d'anglais bourrés pour un concert de rock c'est juste génial!
Alex: Moi ça remonte! Ça fait trois ans que je ne suis pas allé faire de concert à Paris. Kasabian, je les avais vus plusieurs fois, parce qu'on est vraiment fan, et je les avais vus notamment une fois à Londres, l'un des derniers concerts, ils avaient changé plein de trucs, ils avaient des choristes etc. et la 1ère partie était chanmée aussi. 
La meilleure boîte où jouer? 
Alex: L'installation sonore est pas ouf mais j'aime bien le Baron
JB: J'aimerai bien jouer chez Moune, j'aime bien les trucs petits.
La meilleure salle de concert?
Alex: Là où on rêverait de jouer? La Cigale ou l'Olympia, des salles qu'on n'a pas encore faites, qui sont déjà plus prestigieuses, mais sinon en salles où on a joué: Social Club, Point Éphémère, Flèche D'Or. La Flèche D'or la salle est belle, le son est bon, tu peux avoir un public devant. 
Le meilleur mag' musical? 
JB: Je n'en lis pas beaucoup. De temps en temps un petit NME parce que c'est marrant. Ils vont encenser un groupe pendant une semaine et après dire que c'est de la merde, ils arrivent à créer de l'excitation, chaque semaine il y a un meilleur groupe de tous les temps. Sinon Dirrty Music (clin d'oeil)!
Alex: Je lis parfois Technikart ou les Inrocks mais je ne suis jamais d'accord avec les critiques musiques.
Le meilleur groupe actuel?
Alex: Il ne faut pas que je réponde, ça fait trois jours que j'ai Kanye West dans la tête. De toute façon il n'y a que deux albums que j'écoute en entier Kanye et Foals, ah oui et I Blame Coco, ça en fait trois.
JB: le Phoenix est bien aussi, ah mais il n'est pas de cette année... Bon bah pareil avec Kasabian. Le prochain va être trop bien il paraît, complètement différent. 

lundi 15 novembre 2010

WHY DO YOU LISTEN TO THAT MAN, THAT MAN'S A BALLOON

Suite et fin de ma lente ré-acclimatation dans cette ville que je chéris autant que la maudis, où l'Espace B aura été le dernier maillon d'une longue chaîne pour me convaincre d'une fois pour toute poser mes bagages et rester.


Planqué au fin fond du 19ème, ce petit resto-bar abrite une salle de concert dont on ne se serait douté si on ne devait assister à celui des Wild Nothing. Une petite terrasse permet de fumer une dernière cigarette sans se presser, avant de s'accouder au bar au zinc et commander un verre de vin, à un prix pour une fois raisonnable. Au fond, un petit couloir mène à la salle en elle-même. Une épaisse moquette rouge recouvre le tout et rappelle les vieux squats des ex-potes musicos, que la vie de bohème faisait autrefois rêvée, avant qu'ils ne soient rattrapés par la réalité et l'école de commerce que papa a choisi pour eux et finance, par la même occasion. Tout ça pour dire, qu'on se sent aussitôt familier dans ce lieu, bien que ce soit la 1ère fois que l'on y risque nos talons.

Quand on entre le concert des français de The Twins est sur le point de s'achever. Le public, bien que restreint, hoche doucement la tête. À peine le temps d'entendre une chanson qu'ils quittent déjà la scène, cela nous apprendra à nous bousiller les poumons. Ce que nous retournons néanmoins faire, sitôt les applaudissements retombés.



Viens le tour des quatre irlandais de Kowalski, vraie découverte de la soirée. Une pop légère, sans pour autant être désuète, un beat acéré, accompagné de ce qu'il faut de synthé, pour tout à la fois nous faire danser et laisser se ballader notre esprit, de la dream pop indé ce qui se fait de mieux. Un concert relativement court, ce qui se comprend mieux quand on sait qu'ils n'ont sorti que deux EP Are You Noisy Sunshine State et Take Care, Take Flight. Leur bonne prestation sera d'ailleurs récompensée par l'achat de ce dernier. On apprendra par la suite que c'est eux qui ont assuré la 1ère partie des Two Door Cinema Club, pendant leur tournée européenne. Comme eux ils sont irlandais et comme pour eux les premiers mots qui viennent à l'esprit pour décrire leur musique sont redoutable efficacité et apparente simplicité. Il ne leur reste plus qu'à connaître la même ascension.
Dernière pause avant le dernier concert. La salle est quasi comble, les groupies s'agitent déjà dans les premiers rangs, l'ambiance se fait de plus en plus chaude, alourdie encore par la moquette environnante. Qu'à cela ne tienne, la pop de Jack Tatum, l'homme qui se cache derrière Wild Nothing, est encore plus diffuse et rêveuse que celle de Kowalski. Mais troisième concert oblige, l'atmosphère de la salle devient de plus en plus confinée, on se sent de plus en plus à l'étroit, on a du mal à décoller et retrouver le côté aérien que pouvait avoir l'album. Finalement, plus le temps passe et plus on se fait à la moiteur ambiante, au souffle chaud de son voisin dans sa nuque, on finit même par lâcher prise et enfin se laisser aller, malheureusement pour nous le concert est déjà terminé.




Wild Nothing - Chinatown @ L'Espace B



BONUS:

Filez sur Saturdays = Youth pour l'ITW de Kowalski.