lundi 15 novembre 2010
WHY DO YOU LISTEN TO THAT MAN, THAT MAN'S A BALLOON
mercredi 3 novembre 2010
FUCK LE SAMEDI, LE LUNDI, LE MARDI
Après avoir headbangée© dans la boue lors de la Route du Rock 2010 j'ai décidé de remettre le couvert jeudi soir dernier, à La Machine, pour goûter, à nouveau, au rock sans concession de ces chers petits Liars.
La mode semble être au double 1ère partie en ce moment, ce qui ne m'empêche pas de rater, comme à mon habitude, la première 1ère partie, bien que curieuse de découvrir Team Ghost sur scène (aka Nicolas Fromageau, ex-membre du duo de M83).
Après les retrouvailles avec la Tsugi crew, on va, une bière à la main, tendre l'oreille à John Wiese, la seconde 1ère partie donc. Pour les amateurs d'expérimentale noisy c'est sans doute le paradis, en mode je vous déconstruis la musique pour vous montrer la structure de cette dernière, mais pour les autres il est encore trop tôt pour ce genre de trip. On remonte donc fumer une clope, en s'interrogeant sur le dealer de ce monsieur.
A 22h30 tapantes (chose rare à La Machine, d'où la précision) le trio des Liars entre en scène. Première surprise ils sont cinq, preppy looks pour l'ensemble, mis à part le longiline Angus Andrew qui se la joue no style: tshirt informe, pas rasé et cheveux collés au visage. Dès leur entrée, on sent l'électricité montée dans la salle, comme si leur simple présence nous donnait déjà envie de nous trémousser. Pas besoin d'attendre longtemps puisque déjà les premiers riffs de guitare résonnent dans la salle et aussitôt on ne peut qu'être happé par cette puissance. Cela fait appel à nos instincts primaires, notre goût pour un son sale mais ô combien travaillé. On se prend de la sueur plein le visage (métaphoriquement) et on aime ça. Les morceaux s'enchaînent sans bavardage, les Liars font partis de ces groupes qui n'ont pas besoin de parler pour se sentir en osmose avec son public et vice versa, pour les raisons sus invoquées. Alternant des morceaux calmes à des morceaux endiablés on peut constater à quel point Liars maîtrise ses gammes, passant de l'un à l'autre avec la même énergie, gardant le public en haleine, le regard fixé sur Angus et sa danse de pantin désarticulé. On en redemandera par trois fois et on nos prières ne seront pas déçues, au contraire même puisqu'on aura même le droit à un inédit. Une vraie de leçon.
mercredi 20 octobre 2010
THE PLAN WAS TO DRINK UNTIL THE PAIN OVER, BUT WHAT'S WORSE THE PAIN OR THE HANGOVER?

Après un été de festivals, j'ai eu un peu de mal à me remettre dans le bain des concerts policés des salles parisiennes. Cela aurait pu durer longtemps si je n'avais pas vu le nom des Magic Kids illuminé mon newsfeed. J'ai donc rangé ma flemme hivernale au placard pour la soirée et me suis équipée pour affronter le froid et la foule.
Direction l'une de mes salles préférées: le Point Ephémère. Je ne sais pas si c'est grâce au canal Saint Martin (un de mes lieux favoris à Paris) ou si ce mélange de calme (l'eau) associé à l'excitation (le monde aux abords du canal et les sirènes des camions de pompier de la caserne voisine) qui crée un lieu pour ainsi dire hors du temps, mais toujours est-il que je suis toujours ravie de m'y rendre.
Ce soir, la 1ère partie est assurée par cinq normands, les Da Brasilians. Techniquement c'est la seconde, après Top Top, mais je n'ai pas pu assister au concert de ces derniers pour cause de crise d'hypoglycémie -comprendre dîner-. Le quintet français, chantant en anglais, nous offre une pop oscillant entre les 60s et les 70s. Le son est clair, l'harmonie des choeurs est sans impair, aucune fausse note en somme. Et pourtant cela reste encore un brin propret, à l'instar du polo du jeune chanteur, pour me transporter tout à fait. Une jolie 1ère partie néanmoins, je reviendrai les voir quand ils auront pris un peu de bouteille.
Après de longues minutes de réglages, les Magic Kids s'installent sur scène. Pour ceux qui l'ignorent encore, Magic Kids, c'est l'un des nombreux groupes à tendance beachboyenne de cet été, qui a fait parlé de lui grâce aux tubes "Hey Boy" et "Superball'. Puis, à nouveau à la fin de l'été avec Memphis, album emprunt aux 60's: même pop rock surfisante, même naïveté dans les paroles, même musique décomplexée, n'ayant d'autre but que de vous que de vous faire danser.
C'est donc pour retrouver cette atmosphère estivale que j'ai daigné quitter ma couette et la chaleur de mon terrier ce soir là. Si sur l'album, tous les morceaux sont maîtrisés à la perfection -ajoutant encore à la naïveté de la chose (dans le bon sens du terme)- sur scène, c'est une impression de cafouillage qui domine. La voix du chanteur se perd derrière les guitares, sans parler de l'inutilité de la jolie violiniste, qu'on a envie de faire taire dès qu'elle se met à ouvrir la bouche. Ajouter à cela, ce grand échalas de Bennet Foster (aka le chanteur) qui se la joue Sue Ellen en chaleur: vazy que je te fais mon regard de l'amour qui tue et vazy que je descends dans la foule me frotter à la groupie... On devrait rentrer dans le jeu ou au moins en rire, mais même pas. N'est pas Mick Jagger qui veut et niveau paquet le petit Benet ne joue pas dans la même cour. C'est surjoué, cliché, convenu, à la limite je préférai les gentils garçons de Da Brasilians, eux au moins, ils ne forçaient pas le trait. C'est finalement sur le rappel que les Magic Kids s'en sortent le mieux, mettant en avant la simple complicité qui les unit, on ne demandait finalement que ça.
lundi 11 octobre 2010
ERASE ME
100 ans après m'être enthousiasmée pour le concert d'Interpol, voici la seconde partie, "tant attendue", sur celui de U2. Soyons clair, à l'origine cela me faisait quand même doucement rigoler de me rendre à ce concert, puique c'était à l'oeil et puis mon âme de sociologue en émois voulait tenter de percer le mystère U2. Essayer de comprendre comment cette bande d'irlandais politiquement engagé (attardé?) arrive à remplir le stade de France, pour la seconde fois, qui plus est. Comme on peut s'en douter ce concert ne me donna pas les réponses escomptées néanmoins j'ai pû m'amuser à élaborer une certaine typologie de fan, la preuve par quatre.
Primo, le fan de U2 n'est pas né de la dernière pluie (comprendre qu'il a plus de quarante ans), son ouïe s'est donc altérée au fil des années ce qui explique, sans doute, qu'il puisse endurer sans mot dire, 1h30 de la même chanson.
Secondo, si l'âge moyen du public est relativement élevé c'est également dû au prix du billet: plus de 100€ si mes souvenirs sont bons. Et non content de débourser une telle somme pour voir une bande de faux rockers, le fan du dit groupe, ne peux s'empêcher de faire partager sa passion à sa petite famille, ce qui explique la présence de nombreuses têtes blondes. Le rock'n'roll c'est un truc qui se transmet de père en fils, t'as vu?
Tertio, le fan de U2 aime à montrer son dévouement pour son gourou, aka le père Bono. Pour se faire, il va dévaliser le merch' et s'empresser d'arborer le Tshirt de la tournée 360, histoire que l'on comprenne bien, nous pauvres impies, qu'il est fier de participer à cette grand messe. Ce qui, au passage, a fini par persuader qu'il faudrait imprimer l'article sur le "port du T-shirt en milieu musico-social" en tract à l'entrée des concerts, pour notre bien à tous.
Quarto, notre cher fan est, à l'image de son gourou, politiquement engagé (attardé?). Aussi quand Bono nous prêche la bonne parole au sujet d'Aung San Suu Kyi -la Birmane emprisonnée- il se sent bien entendu concerné, tendant le bras vers la lumière que brandisse de pseudos vestales, la larmichette au coin de l'oeil. Bien que la palme du ridicule, revienne à la reprise de "Get Up, Stand Up" de Bob Marley. Nan mais sérieux? Manquait plus qu'il nous roule un joint sur scène au même moment pour que ce soit le pompon.
Autant faire court -ma médisance a ses limites- mais finalement ce concert m'a surtout donné envie d'assister à un match au Stade de France, quand on connaît ma passion pour le ballon rond, cela veut tout dire.
mercredi 22 septembre 2010
SON ARROGANCE EST PRESQUE A LA HAUTEUR DE LA MIENNE

Avec un peu d'avance je vais vous faire un #jeudiconfession: le concert de U2 au stade de France, j'y étais. Allez-y removez moi de vos friends, unfollowez moi ou désabonnez-vous de ce blog, j'assume, je suis prête.
Pour ceux que cela intrigue, voilà le pourquoi du comment: ma "sœur" chilienne est de passage à Paris et m'a proposé de nous rendre au dit concert -à l'œil-, grâce à une amie à elle travaillant sur la tournée 360 de Bono. Faisant de mauvaise fortune, bon coeur, on se console en pensant à la 1ère partie: Interpol. Ca sera également l'occasion de tester si je suis bien venue à bout de mon agoraphobie.
Après une sieste au soleil au bord du canal Saint-Martin on se décide à prendre le RER D, direction: la Seine-Saint-Denis, à base de popopop. Comme on pouvait s'y attendre une fois sur place on est loin d'être seules. On suit donc docilement la foule en direction du stade, alors que sur le côté des cars venus de toute la France stationnent et que de l'autre des vendeurs à la sauvette font des appels de phare à nos estomacs avec l'odeur de graillon qui émane de leurs stands. Dix bonnes minutes plus tard, on passe la sécurité sans encombre et on s'installe à nos places, dans les gradins. Face à nous, une scène ronde (tournée 360, logique) qui ressemble surtout à une araignée. Nombreux sont ceux, autour de nous, qui sont passés par le merch', avant le concert, arborant fièrement leur Tshirt U2 360, on ne juge pas...
À 19 h 15 pétantes, les new-yorkais débarquent sur scène sans crier gare. Paul Banks caché derrière ses lunettes de soleil et une veste de cuir ne paraît pas des plus à l'aise face à la foule peuplant le stade. Des notes lourdes résonnent, les premières de "Success". Je l'ai tellement écouté pour écrire mes articles le mois dernier, qu'elle me prend réellement les tripes. Je me revois dans le salon de ma cousine, fumant clopes sur clopes, la nuit tombée avec pour seul horizon les lumières de la tour Montparnasse et cette page blanche qui ne veut décidément pas se remplir toute seule.
Interpol @ Stade de FranceN'étant pas une fan de la 1ère heure, c'était la 1ère fois que je voyais Interpol sur scène mais je peux vous assurez qu'ils s'en sont particulièrement bien tirés pour un concert de cette taille et un public si peu à l'écoute. Pour ce qui est de l'analyse sociologique du concert de U2 vous patienterez jusqu'au prochain article...
jeudi 16 septembre 2010
WHAT'S UP NEXT?
Clouée au lit par la maladie, je reçois un mail de mon rédac chef me demandant si je veux partir en voyage de presse à Porto Vecchio. Ni une ni deux j'accepte, sans même savoir de quoi il retourne. J'apprendrai par la suite que c'est pour couvrir le Porto Vecchio Festival. Un coup d'oeil à la prog' et j'en baille d'avance (Make The Girl Dance, Pony Pony Run Run, Frédéric Beigbeder, Pierre Souchon...), mais bon on ne va pas cracher sur quatre jours de vacances offertes, hein.
Arrivée jeudi après-midi à Ajaccio, je récupère mes bagages en scrutant ceux ressemblant à des journalistes pour savoir comment se rendre à Porto Vecchio. Une jeune fille aux lunettes en forme de coeur m'interpelle: "tu es journaliste?", prise en flag' je hoche de la tête, "tu sais si quelqu'un doit venir nous chercher?" continue-t-elle. Me préoccupant rarement des détails techniques, je lui avoue mon ignorance. D'un ton assuré elle ajoute :"ces trois là, vu leur style, doivent également être du voyage de presse, on va attendre 5 minutes et voir si quelqu'un commence à s'affoler". Finalement un homme vient vers notre petit groupe, pour nous dire que le van nous conduisant au festival est arrivé. A bord les langues se délient, la fille aux lunettes coeur est journaliste pour Dazed & Confused, la blonde pour le ELLE, la brune DJette, le mec accompagne la DJette, et est accessoirement organisateur de soirées. Au bout de deux heures on arrive à une somptueuse villa, poétiquement nommée "La Cuve".
Je vous épargnerai le détail de ses quatre jours parce qu'à part vous expliquer que mon débit d'alcool a été proportionnel à la daube sonore infligée (mise-à-part le set de Tekilatex et ceux d'Elegangz) je n'ai pas grand chose à raconter. On placera tout de même ces quelques jours sous le hashtag #WTF tant les moments improbables se sont enchaînés. De Beigbeder dans la cuisine -recherchant désespérément son laptop...-, à la conversation avec Tekilatex où on se rendra compte que sa petite soeur n'est autre que ma meilleure amie du primaire, en passant par un accident de scoot' (rien de grave) à cause du sable, une déclaration d'amitié hallucinante par une fille rencontrée la veille au soir ou encore partir à la recherche de vaches à 4 heures du mat...
Dur retour à la réalité après ces mini-vacances, pas du tout reposantes, mais pas le temps de réfléchir, c'est déjà mon dernier bouclage et j'ai ma vie à mettre en ordre moi.
Rapport choucroute nul mais quoi de mieux qu'un retour aux classiques pour faire face à un avenir incertain? Aussi je vous propose de redécouvrir "For Today I'm A Boy", la chanson qui me définit le mieux en ce moment, ainsi qu'un petit bonus: "Fletta", afin de vous préparer au grand retour de ce cher Antony. Enfin, zonant sur le myspace de l'être aimé (après avoir découvert qu'un DVD live et un livre de photos allaient sortir en novembre) je tombe sur une magnifique reprise des Smiths, comment vous expliquer mon émotion?
Antony and The Johnsons - For Today I Am a Boy
Antony & The Johnsons - Fletta (Feat. Björk)
Benjamin Biolay - There Is A Light That Never Goes Out (Smiths cover)
jeudi 2 septembre 2010
I NEED YOU TO BE MY NEW PROBLEM
BRMC @ Rock En Seine 2010
Viens l'heure de LA tête d'affiche de la soirée (puisque j'ai raté Kele, remember): Black Rebel Motorcycle Club. Après avoir craint l’annulation (le paternel du chanteur étant décédé le week-end dernier) c’est avec soulagement que l’on a eu confirmation de la venue du groupe au domaine de Saint-Cloud. Le trio surgit de la pénombre, toutes capuches dehors et nous offre une heure d’un rock sombre, lourd et rauque. Coups de cœur pour "Ain't No Easy Way" et sur le final "Spread Your Love". Malgré un bon concert, il manque un je-ne-sais-quoi pour que je sois complètement emballée. On mettra ça sur le compte du manque d'ambiance. Viens ensuite le moment emo-LOL de la soirée avec Blink 182. On préfèrera admirer tout ça allongés dans l'herbe, je retourne en adolescence sur "All the Small Things" mais sinon c'était long et chiant. Et vazy que je lance des fleurs à Cypress Hill et que je te place Chateaubriand et vagin dans la même phrase (ça aurait une logique rapport à un poème du dit poète, selon un proche, fan du groupe). Je tente de me remettre dans l'ambiance avec Underworld, mais décidément les années 90 ce n'est vraiment pas ma came. On rentre un peu déçus de cette 1ère journée en ½ teinte, en espérant se rattraper le lendemain.
Quadricolor @ Rock En Seine 2010
Le 2ème jour de RES s'ouvre sur un ciel sans nuage et le concert des jeune Quadricolor. Connus pour leurs reprises, ils nous feront une très jolie cover de "Stylo" de Gorillaz. Malgré un concert très court (moins d'une heure) j'aurais bien secouée mes boucles et c'est tout sourire que je m'en vais ré-écouter Two Door Cinema Club. Je ne sais pas si c'est parce que c'est la 3ème fois d'affilée que je les vois ou si c'est à cause des dissipés Silenthype et Anh Phi mais je n'ai pas franchement accroché. C'est propre, c'est carré, trop pour moi ce jour-là. Aussi, on file boire une bière allongés dans l'herbe, le soleil nous caressant la peau et Paolo Nutini en bande son. Mise à part la reprise folk pas très fine de "Time to Pretend" de MGMT (WTF?) et "Jenny Don't Be Hasty" en final, ce concert fut passablement ennuyeux. Mais qu'à cela ne tienne c'est l'heure d'être hypnotiser par Jonsi. Quand le manager entre sur scène et pas notre islandais préféré on craint le pire (remember Amy Winehouse et Oasis anyone?).
Jonsi @ Rock En Seine 2010
Il nous annonce que le matériel électronique est resté au Portugal mais que malgré tout Jonsi va jouer avec les moyens du bord. Et une session acoustique, une! Je suis aux anges. Sans arrangement électronique, on ne peut s'empêcher de penser à Sigur Ross (groupe dont est issu Jonsi, ndlr) mais ce que l'on retiendra surtout c'est cette fragilité propre à l'acoustique. A tout moment cette alchimie si fine entre la voix cristalline et les instruments qui l'accompagnent peut se rompre, je suis subjuguée. Après cet instant de grâce, place aux mastodontes de Queens Of The Stone Age. Groupe que tout le monde aime, sans trop savoir pourquoi, ni comment, parce que ça fait bien. Sincèrement, en live, quatre morceaux m'ont suffit à me dire que je préférais aller me désaltérer au bar "VIP" (cimer le pass presse).
LCD Soundsystem @ Rock En Seine 2010
Perso, le groupe que j'aime sans me poser de question c'est LCD Soundsystem, et ça tombe bien c'est à eux d'investir la moyenne scène. Si le concert n'est pas à la hauteur de la folie du Bataclan ou des Eurockéennes, on oubliera tout grâce au final "New York I Love You" combiné à "Empire State of Mind" (la foi dans le triangle, tu auras). C'est les yeux brillants que je m'en vais me remettre de mes émotions, un peu plus loin, au calme. Une fois d'aplomb, je boude Massive Attack -je me les suis déjà tapée 2 fois cet été, merci bien- pour Jello Biaffra (leader des ex-Dead Kennedys). Grand bien m’en a pris, le concert est chouette, on secoue nos tignasses comme jamais dans le public de la scène de l’Industrie. Parfaite mise en jambe pour le set surexcité de 2 Many DJ’s.
2 Many Dj's @ Rock En Seine 2010
La foule est dense et nos gentlemen belges comptent bien la satisfaire en ne remixant que des tubes (avec force visuels) : Justice, Phoenix, LCD etc. sans oublier le magnifique final, sortie de nulle part : "Love Will Tear Us Apart" de Joy Division. Et sur cette note surexcitée que la seconde journée de RES s’achève, telle une pile électrique je ne peux rentrer tout de suite chez moi, du coup je file à l’after. Soirée mouvementée s’il en est, mais au cours de laquelle j’ai enseigné l'art de faire des yeux de chat, ce qui m’a valu un t shirt.
Quelques courtes heures de sommeil plus tard, accompagnées d'un léger mal de crâne, c’est déjà le dernier jour de la 8ème édition de Rock En Seine. Je m’active tant bien que mal pour assister au concert de Temper Trap. Une fois chose faite je me laisse gentiment bercée car ensuite c'est l'heure de la claque venu de l'ouest avec les cowboys des Black Angels. Programmés bien tôt (16h), leur set est beaucoup plus psyché qu’à la Route du Rock, on a du mal à entrer complètement dedans, malgré leur show, irréprochable. Étant donné la proximité entre la moyenne et la petite scène on se rend à la seconde découvrir I Am Un Chien. On rit de bon cœur face à ce dude qu’il se veut une rock star, on secoue nos cheveux, mains en l’air même si niveau son ce n'était pas vraiment ça. Rien à voir avec Beirut, même si j'avoue avoir eu un peu peur de les voir évoluer sur la grande scène.
Beirut @ Rock En Seine 2010
Et si, en effet, je confirme que la moyenne aurait amplement suffit, ce concert fut un moment de joie intense. Entre l’ouverture sur "Nantes" ou le joli "Cherbourg", il n’en a pas fallu beaucoup plus pour que je fonde tout à fait. Et je fus loin d’être la seule à en croire les rondes autour de moi et les ballons lancés. Puis c’est le moment des dilemmes Waves Machine ou Ting Tings (pour s’assurer de bonnes places pour le dernier show de la soirée) ? On optera pour la seconde décision (à mon corps défendant) et malgré les tubes -surannés- de "Shut Up And Let Me Go" ou "That’s Not My Name", c’est lourd. Ca ne prend pas, ça ne prend plus. Et ce n’est pas les mauvais réglages sonores qui viendront arranger le tout. Trêve de plaisanteries c'est l'heure d'Arcade Fire, mon cœur bat déjà la chamade.
Arcade Fire @ Rock En Seine 2010
Je ne vais pas vous en faire tout un patacaisse, sachez juste que dès les premières notes de "Ready To Start" je suis partie en transe à l'assaut des premiers rangs, mon t shirt s'en souvient encore. Que dire des beuglements sur "Rococo", de Zach Condon en guest sur "Ocean Of Noise", de la pluie divine sur "We Used To Wait" qui se transforme en déluge, obligeant le groupe à s'interrompre. Et malgré l'envie du groupe de continuer à jouer, c'est Régine qui l'a dit, ils ne reviendront que pour une, mais ô combien superbe chanson, "Wake Up", en acoustique en prime. Alors oui, le concert a été écourté, mais vous ne pouvez comprendre cet instant de grâce que si vous aussi vous avez attendus, désespérés, pendant des minutes qui parurent infinies, trempés jusqu'aux os, que vous vous êtes égosillés à vous casser la voix jusqu'à ce qu'ils reviennent, comme dans un rêve.
Crédits photos: Rock En Seine.
lundi 23 août 2010
ROUTE DE ROCK - JOUR 3 - LA PROCHAINE FOIS JE PORTERAI UN TSHIRT DES METS
A 19h, on se dit qu'il serait peut-être temps d'arrêter de loquer et de se rendre sur le site afin de serrer la patte du Hans pendant qu'au loin Thus : Owls joue sur scène. Très vite, la puissance d'Archie Bronson Outfit nous remet d'aplomb, et on oublie rapidement la fatigue accumulée des deux jours précédents. Le volume a été monté d'un cran pour le dernier soir, impossible de rester imperméable au rock-psyché de nos gus en boubous qui nous font danser dans la gadoue. Une violente claque.
C'est l'heure de Serena Maneesh, mais manquant de défaillir, j'opte pour l'option survie: dîner. Un wrap mexicain dans le ventre, me voilà tout de suite beaucoup plus attentive et sérieusement ce concert est le seul du festival que je n'ai vraiment pas aimé du début à la fin. C'est surjouer -mal en plus- et le shoegaze à gogo n'a fait qu'accentuer mon agacement face à ce concert soporifique.
S'ensuit la raison quasi unique de ma venue à la RDR, The National. Après les avoir vus au Zénith, en 1ère partie de Pavement, je ne pouvais pas ne pas les revoir. Dire que High Violet m'a transporté est un doux euphémisme. Depuis le premier soir où je l'ai écouté je ne peux m'en passer. C'était prévisible vu l'effet que m'avait fait Alligator, Boxer et Sad Songs For Dirty Lovers auparavant. C'est donc au 2ème rang que j'assiste au concert, bien décidée à le faire chanter "Sorrow" cette fois-ci (ma préférée de High Violet). Classes, Matt Berninger et ses acolytes arrivent sur scène en costumes, sous les applaudissements d'un public déjà conquis. Et mise à part les 3 alcooliques braillardes derrière moi, ce concert n'a été que pur bonheur. On commence sur les chapeaux de roue avec "Runaway", de la mélancolie à tout va. Pour sa 3ème venue au fort, The National se sent un peu comme à la maison, remerciant le public Français d'avoir cru en eux les premiers (cocorico) et va jusqu'à faire monter sur scène un certain "Sebastian from Toulouse, the guy with the blue Mets tshirt", non je ne suis pas morte de jalousie. Pour le reste du concert, Matt Berninger se la joue "dandy mélanco-alcolique" avec sa bouteille de blanc qu'il boit à même le goulot, on dira que c'est pour se donner une certaine contenance. Reste, que quand il est l'heure de sortir sa voix rauque et de titiller les glandes lacrymales, il sait répondre présent. Que cela soit sur le magnifique "Afraid Of Everyone" ou encore sur "Conversation 16", les yeux humides se font de plus en plus nombreux, même du côté des agents de sécu... Mention spéciale au déchaînement sur "Squalor Victoria" mis en exergue par la douceur initiale des violon & piano, sans oublier les frissons sur "England". Enfin, que dire de l'émotion ressentie quand le public se met à l'unisson pour chanter "Mr November" (réclamé à corps et à cris -au propre comme au figuré- par les jeunes filles alcoolisées sus-mentionnées)? Un set impeccable qui se clôt magistralement sur l'habituel "Terrible Love", toujours aussi efficace.
Après une telle performance je ne peux qu'être déçue par les groupes suivants mais c'était sans compter sur les Flaming Lips. Niveau show on a été servi. Que cela soit sur l'arrivée du groupe, sorti tout droit d'un écran géant, sur le slam de Wayne Coyne (le chanteur) dans sa boule transparente géante, sur l'ours qui par la suite le porta, sur tous les ballons, confettis et autres serpentins lancés sur le public façon carnaval géant. Sans oublier le moment où le public est mis à contribution pour imiter les animaux. Niveau régression on a été servi. Même si personnellement la musique est un peu passée au second plan (sauf peut-être sur "Yoshimi Battles the Pink Robots" et "Do you realize??"), je garde de ce concert un souvenir mémorable, où j'ai souri comme une enfant du début à la fin.
Des paillettes encore pleins les yeux, je suis plus excitée que jamais pour The Rapture. Clore la RDR 2010 et passer après Flaming Lips, ça fait un peu beaucoup. Et pourtant, à nouveau la magie post disco-funk opère, les festivaliers oublient la fatigue et dansent encore et toujours, particulièrement sur les tubes que sont "The Devil", "Echoes " ou encore "The House Of Jealous Lovers". Quand le show s'achève on aimerait qu'une chose que tout recommence, mais il est l'heure d'aller se coucher, il y en a qui bosse le lendemain.
jeudi 19 août 2010
ROUTE DE ROCK - JOUR 1 -
A cause de la queue pour les accreds des copines de Sympathy, je n'entendrai Dum Dum Girls que de loin. Etant donné que je viens surtout écouter le petit Owen Pallett (ex-Final Fantasy), je m'en remets facilement. Le temps de me chercher une bière, le jeune prodige canadien arrive sur scène, munit d'un simple violon, un bonnet mauve enfoncé jusqu'aux oreilles, climat malouin oblige. Tantôt seul, tantôt accompagné d'un guitariste, c'est doux et poétique, je suis sous charme. Quand on sait que Heartland a été enregistré en compagnie de l'orchestre philharmonique de Prague et qu'il arrive à lui seul à nous conquérir est une belle leçon pour les mastodontes aseptisés type Yann Tiersen ou Massive Attack (on y reviendra plus tard). Gommette dorée pour la cover d'"Odessa" de Caribou, surpassant l'originale, ce qui était loin d'être gagné d'avance.
La nuit est déjà bien avancée quand le rock ravageur des Black Angels vient nous réveiller de la torpeur dans laquelle Tiersen nous avait plongé. Survolté, un dude va jusqu'à monter sur scène leur offrir son poncho (on apprendra plus tard qu'il s'agit de notre voisin de tente). Pleinement réveillée, je m'apprête à découvre la puissance live de Liars.
Plus pop sur scène que sur CD, emplie d'une énergie communicative, j'ai pu headbanger à loisir aux côtés de Grandcrew jusqu'à la fin du show. La fatigue commence à se faire sentir, rien de tel qu'une dernière bière pour admirer les audaces psychédéliques de Caribou avant de s'écrouler de fatigue au chaud dans son sac de couchage.
mercredi 18 août 2010
WE'RE GOING TO GO BY OUR OWN PANTS, OUR SWEATY LITTLE PANTS
C'est ainsi que je me suis rendue, pour mon premier jour de vacances, au Nouveau Casino afin de chouiner face aux somptueuses voix de Chris Garneau et Holly Miranda. Façon de parler hein, si tu as cru que j'avais un coeur tu t'es trompé de crémerie, mon grand.
En bon gentleman, c'est le frêle auteur-compositeur-interprète new-yorkais, Chris Garneau, qui ouvre le bal. Vêtu d'un simple marcel (on lui pardonnera cette faute de goût), il arrive seul sur scène avec son clavier pour unique compagnon. Mais au bout de deux chansons, deux violonistes, une celliste, un tromboniste et un trompettiste font leur entrer, donnant plus de relief à chacune des chansons. La salle est plongée dans la pénombre, seule une faible lumière éclaire le chanteur. Cette atmosphère intimiste permet de plonger rapidement dans son univers, oscillant entre une noirceur certaine et une candeur absolue. Notamment quand le jeune prodige joue "Baby's Romance", "Dirty Night Clown" et "We Don't Try", il ne manque que "Hometown Girls" pour que mon armure ne se fissure tout à fait. Le tout s'achève en beauté sur la cover de "Between The Bars" d'Elliott Smith.
Holly Miranda @ Nouveau Casino (© Rebel Girl Diary)jeudi 22 juillet 2010
WE'RE GOING TO GO BY OUR OWN PANTS, OUR SWEATY LITTLE PANTS
Si l'idée de passer votre été à Paris vous déprime, je vous conseille de jeter un oeil du côté du Nouveau Casino et plus précisément de s'attarder sur la programmation du Colors Music Estival : Toro y Moi, Savoir Adore, Chris Garneau, Holly Miranda, Vivian Girls, Tame Impala, Au Revoir Simone, Karaocake, Girls... et j'en passe. Si tous ces noms ne vous redonnent pas le sourire, c'est que vous n'avez tout bonnement pas de coeur (you are dead inside en VO), voilà.
C'est ainsi que je me suis rendu, pour mon premier jour de vacances, au Nouveau Casino afin de chouiner face aux somptueuses voix de Chris Garneau et Holly Miranda. Façon de parler hein, si tu as cru que j'avais un coeur tu t'es trompé de crémerie, mon grand.
En bon gentleman, c'est le frêle auteur-compositeur-interprète new-yorkais, Chris Garneau, qui ouvre le bal. Vêtu d'un simple marcel (on lui pardonnera cette faute de goût), il arrive seul sur scène avec son clavier pour unique compagnon. Mais au bout de deux chansons, deux violonistes, une celliste, un tromboniste et un trompettiste font leur entrer, donnant plus de relief à chacune des chansons. La salle est plongée dans la pénombre, seule une faible lumière éclaire le chanteur. Cette atmosphère intimiste permet se noyer tout à fait cet univers oscillant entre une noirceur certaine et une candeur absolue, le public est littéralement pendue à ses lèvres, dans un silence quasi religieux. Notamment quand le jeune prodige joue "Baby's Romance""Dirty Night Clown" et "We Don't Try", il ne manque que "Hometown Girls" pour que mon armure ne se fissure tout à fait. Le tout s'achève en beauté sur la cover de "Between The Bars" d'Elliott Smith.
Petite pause dans l'aquarium aka le coin fumeur du Nouveau Casino, puis c'est Holly Miranda qui entre en piste. La foule est plus dense que jamais, aussi je m'en vais l'écouter tout au fond, dans les canapés afin d'apprécier sa voix sans être obligée sentir la moiteur de la peau de mes voisins sur moi. "You know it's hot when your elbows are sweating" (vous savez qu'il fait chaud quand vos coudes transpirent, ndlr) comme le dit si bien la chanteuse elle-même. Très étonnée de la puissance quasi rock du live, rien à voir avec la douceur pop de l’album, je me décide à aller affronter la sueur de mes congénères, bon d’accord une place c’est surtout libérée dans les escaliers, afin de profiter pleinement de la seconde moitié du concert. Je ne me remets pas de l’énergie que ce concert dégage, quelle surprise ! Et malgré la chaleur, la chanteuse donne tout ce qu’elle a, « I’ll fake it, till we make it » assène-t-elle d’un ton limite aguicheur. Dans la moiteur du Nouveau Casino, la chaleur monte encore d’un cran, avant de fondre tout à fait sur "Halleluiah", qui clôture ce set.

















