Affichage des articles dont le libellé est concert. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est concert. Afficher tous les articles

mardi 11 octobre 2011

LES ÎLES FUGEES

Les Black Keys ont (enfin) annoncé la sortie de leur nouvel et 7ème album, El Camino, le 6 décembre, que je vais de ce pas ajouter à ma wishlist de Noël. Peut-être ajouterai-je également une place pour le 25 janvier pour leur concert au Zénith, même si je déteste cette salle trop grande, mais bon on ne va pas leur reprocher d'être bons.

Et comme si cette bonne nouvelle ne suffisait pas, ce soir est (enfin) le jour du concert d'Hanni El Khatib à la Flêche d'Or -merci Grandcrew, je ne tiens plus en place.

Hanni El Khatib - Come Alive

Hanni El Khatib - Dead Wrong

mercredi 1 décembre 2010

JE VIENS DE COMPOSER UNE PUTAIN D'INTRO

Par un samedi ensoleillé et quelques heures avant leur concert à la Flèche d'Or, je rencontre les deux zoulous du groupe d'électro-pop/rock Call Me Senor à la terrasse d'un café. Sur leur 1er EP, Oh La La, on sentait déjà toute l'énergie d'Alex (à la guitare) et JB (au chant), il en est de même IRL, jugez plutôt.


Call Me Senor @ La Flèche D'or, le 27 novembre 2010. (copyright Anh Phi)

La musique à l'origine c'est pour choper des filles ou ça a toujours fait partie de vos vies?

Alex: Je chopais plus de filles avant de faire de la musique.
JB: La même, on avait plus de temps pour choper des filles avant. On a toujours écouté énormément de musique et au bout d'un moment tu te poses la question si ça serait intéressant d'en faire, de passer le cap. T'es fan de musique, t'as des posters dans ta chambre et tu te dis tiens ça serait cool d'essayer d'en faire.  
Alex: Pour certains c'est leurs parents qui les poussent alors que nous c'est venu de nous même, instinctivement on n'a pas essayé de reprendre d'autres groupes, on a appris seul à composer chacun de notre côté.  


Avant Call Me Senor, vous faisiez partie de The Victorians, de 2004 à 2007, pile au moment de l'effervescence autour du "renouveau de la scène rock française", vous en gardez quel souvenir?

JB: Nous on était plus en retrait, de par notre son, il y avait beaucoup de trucs qui sonnaient très Libertines, très Strokes, on l'était un peu, parce que c'était dans l'air du temps, clairement on a tous été inspiré par ça, mais avec The Victorians, au fur et à mesure, on est parti sur un délire un peu brit-pop, gros fan d'Oasis, de Blur, de choses comme ça, donc on était à la fois dans le truc et en décalage par rapport aux autres.  
Alex: Après sur le phénomène, évidemment nous ça nous dérangeait un peu d'être associés tout de suite à des groupes qui ne faisaient pas du tout le même style de musique. Mais on ne peut pas nier que ça a créé un engouement et que ça nous a permis d'aller jouer en Angleterre, ce qui ne se serait jamais passé autrement. C'était grâce à cette effervescence que certains groupes ont eu la chance d'aller en Angleterre, d'avoir des documentaires sur eux etc. C'est dur de s'en plaindre, quand ça t'amène ce genre de chose. Mais c'est vrai que c'était un peu horrible ces soirées "Passe ton Bac", nous on l'avait déjà eu depuis un moment, ça faisait un décalage. En plus, on n'avait pas le même son, nous on cherchait plus, déjà, la mélodie, ce qu'on a continué avec Call me senor et ce qu'on a perfectionné dans ce groupe là, alors que les autres c'était plutôt la rage, balancer 2/3 accords bien et l'énergie, être sur scène quoi.  


J'ai cru comprendre que vous n'aimiez pas qu'on vous parle de "scène parisienne", vous pouvez m'expliquer pourquoi?

JB: Pour moi, c'est parce que la scène parisienne n'est pas particulièrement excitante en ce moment.
Alex: Ça dépend à quelle période tu fais référence. 
JB: Ouais, mais là, à Paris, il y a peut être un ou deux groupes capables de nous exciter... 
Alex: Et on joue avec eux ce soir! (Sourya et Neimo, ndlr)
JB: Et on joue avec eux ce soir ouais, mais sinon ce n'est pas un truc excitant, on a clairement pas envie de s'ancrer dans un mouvement qui n'est pas forcément celui qui nous plaît et qui est un peu endormi en ce moment. Certes, on est très parisien en ce moment, sur nos concerts, notre son, parce que de toute façon ce qui nous nourrit c'est cette ville, au moins en partie. On est dans une période Paris, mais à termes on va essayer de jouer un maximum à l'étranger. C'est l'objectif, notamment pour 2011.  
Alex: Le truc c'est que quand tu es associé à un courant, c'est facile de faire des généralités, de dire: "de toute façon ça c'est passé, ça c'est nul, ils ne se réinventent pas, ils font la même chose". L'autre truc c'est des articles lus et des débats dans Rock'n'Folk & co: ils prennent un groupe au hasard, à l'époque dont on parlait ils ont pris les Naast, ils ont tapé dessus comme des malades et maintenant ils disent "ouais peut être que c'était pas si mal, on n'aurait pas dû y aller aussi fort sur eux". C'est un peu abusé de faire des courants, d'en choisir un de le mettre en égérie puis le taper dessus jusqu'à ce qu'ils arrêtent la musique. Les Naast c'étaient des gamins à l'époque, ils avaient quoi, 17 ans? C'est pas cool de faire ça. Donc nous on préfère se différencier dès le départ.


JB tu disais que la scène parisienne n'est pas très excitante en ce moment, pour vous quelle scène, aujourd'hui, l'est?

Alex: Pas Londres en tout cas... Ça doit être L.A, mais ça fait chier! 
JB: Non mais par exemple à New-York récemment il y a des trucs assez cool… 
Alex: Ça c'est pas mal essoufflé depuis 2007 quoi, à l'époque t'avais 30 groupes qui étaient tous bons et après t'aimais ou t'aimais moins, maintenant c'est un peu dur, il y a 10 albums, il y en a 2 que tu écoutes en entier quoi. 
JB: Il reste des trucs comme le rappeur Das Racist qui me fait marrer, il fait partie de Boy Crisis, c'est des trucs qui m'amusent et qui me branchent.
Alex: Y'a les Raveonettes aussi, qui sont quoi Suédois, Norvégiens? (Danois, ndlr) 
JB: Y'a pas vraiment de ville qui nous branche en particulier, peut-être que ce sera Paris avec une prochaine scène, je ne sais pas.  


Vous êtes un groupe parisien, français, alors pourquoi chanter en anglais?

JB: Parce que justement on est français, parisien et tout, mais c'est un moyen de rejeter ce truc de Paris et pas spécialement s'inscrire là dedans. On veut bien, à la rigueur, à l'étranger être considéré comme français, ça devient un peu marrant, ça te donne un petit exotisme.
Alex: Comme on est surtout distribué sur le label Shakermaker, qui est un label digital, c'est juste dommage de se limiter à la France, la Belgique, la Suisse, le Luxembourg, ça fait léger quoi. 
JB: L'Angleterre c'est un truc qui nous fait vibrer et auquel on aimerait s'attaquer
Alex: Ça nous permet de travailler à avoir des textes écoutables et lisibles, davantage que le groupe parisien qui va juste faire un best of des paroles d'Iggy Pop, des Beatles ou des Stones, avec les mêmes rimes tout le temps, où tu es capable de finir la phrase d'après la rime précédente, alors même que c'est la première fois que tu écoutes la chanson. Comme ça on pourra passer pour un groupe non parisien, peut-être.  


Call Me Senor ça vient d'où, c'est un trip entre vous ou il y a une vraie explication derrière?

Alex: C'est un trip entre nous, on a fait ça ensemble, on a trippé sur cinq noms assez cons, et on a choisi celui là. Notamment parce que tu as deux mots anglais, un mot en espagnol, ça allait bien avec notre idée de brouiller les pistes.


Niveau composition ça se passe comment?

Alex: Soit on fait tout ensemble tous les deux, soit, ce qui s'est plus passé ses derniers temps: JB écrit une chanson ou je l'écris et après on se la passe à l'autre. 
JB: Ou alors on la termine à deux pour être sûr d'être d'accord sur tout. 
Alex: On a fait partie d'un groupe avant les Victorians, donc ça fait sept, huit ans qu'on est dans les mêmes groupes
JB: qu'on fait de la musique ensemble, on se connaît à mort. Et l'intérêt, vu qu'on est que deux, c'est qu'on va super vite. Le filtre pour les chansons c'est juste qu'elles plaisent aux deux et dans ce cas là on passe direct à l'étape suivante.  
Alex: Ça permet d'écrire plus vite mais c'est aussi plus fatiguant, on s'y attendait. Au début c'est super excitant, tu peux contrôler presque toute la "chaîne de production", on a décidé de tout faire tout seul mais y'a des moments où c'est dur.  


Pour vous la scène c'est un kiffe ou vous avez la trouille?

JB: Récemment pour moi, la scène c'est vraiment devenu uniquement un moment de plaisir, et moins en moins de trouille. C'est plus tellement un truc que j'appréhende, il y a quelques dates où il y a des enjeux, mais pour nous l'enjeu va de plus en plus être dans l'écriture de la chanson. Enfin je le vois comme ça, là où je stresse c'est d'écrire la chanson ultime. Sur scène on se marre en général. 
Alex: On répète beaucoup pour être carré, carré, carré, tout le temps. Après le but 1er en concert c'est pas forcément que les gens écoutent tes chansons,  évidemment que si mais pour ça t'as le support chez toi, le plus important c'est surtout qu'ils passent un bon moment. On a tendance à ne pas jouer les acoustiques en live, ce soir par exemple on ne va pas le faire, on veut vraiment faire un set de 40 minutes où les gens vont danser, s'éclater et voilà. En général on fait des concerts le vendredi, le samedi soir, que ce soit au Bus Palladium ou à la Flèche, t'es vraiment là pour te faire plaisir mais surtout faire plaisir aux gens. Tu peux avoir -je ne devrais pas dire ça- des coupures de sons, des problèmes, si jamais tu assures, tu passes un bon moment et les gens se marrent aussi, la soirée est sauvée et en général les programmateurs sont très contents de ça. Maintenant qu'on fait quelque chose de plus électro avec ce groupe, c'est très facile sur piste, en live moins, surtout à deux, il nous faudrait beaucoup de machines, beaucoup de personnes. Donc on a un peu changé, les guitares sont différentes, il y a des voix qui ont changé, des choeurs et tout, donc c'est en plus une nouvelle expérience, c'est plus adapté à la scène. Nous on les connaît par coeur les chansons donc c'est plus marrant de les jouer différemment sur scène.  


Est-ce que vous réussissez à vivre aujourd'hui de votre musique?

JB: On a eu un ou deux mois où à ce rythme là ça serait bon. Là on est en préparation, c'est un peu bizarre à expliquer, mais on a un peu pris notre temps. Au début on ne l'a pas fait, et on a vu qu'il fallait peut-être le prendre. Le déclic ce sera 2011, s'il y en a un, pour l'instant on prend notre temps, on ne fait pas beaucoup de concerts, on écrit, on essaie d'attirer l'attention, après on verra.  
Alex: C'est aussi la différence par rapport à tous nos groupes d'avant. Auparavant, on avait tendance à faire plein de concerts, là c'est vrai que si on faisait un concert tous les soirs, partout en France, juste de quoi se défrayer et y aller, on pourrait, mais on l'a déjà fait avec nos groupes, tu joues joues joues et au final tu as deux, trois articles. Alors que là on a sorti un premier produit, on va en sortir un deuxième, on essaie de faire les choses dans l'ordre, avec des gens qui nous plaisent pour être sûr du résultat. En prenant notre temps on finit par gagner du temps. (rire général) Tu peux le mettre en caractère gras ça! Et à Paris, même quand ton groupe marche bien tu ne peux pas faire un concert par semaine, le max c'est un par mois, sinon les gens ne viennent pas, c'est à peu près ce qu'on fait maintenant.  


JB, Call Me Senor @ La Flèche D'or, le 27 novembre 2010. (copyright Anh Phi)


BEST OF

Votre meilleur concert en tant que Call me senior?
(en choeur): Bus Palladium
Votre meilleur concert en tant que spectateur? 
JB: Récemment, les Foals à Manchester, j'adore le 2ème album, ainsi que le 1er, et là être au milieu d'anglais bourrés pour un concert de rock c'est juste génial!
Alex: Moi ça remonte! Ça fait trois ans que je ne suis pas allé faire de concert à Paris. Kasabian, je les avais vus plusieurs fois, parce qu'on est vraiment fan, et je les avais vus notamment une fois à Londres, l'un des derniers concerts, ils avaient changé plein de trucs, ils avaient des choristes etc. et la 1ère partie était chanmée aussi. 
La meilleure boîte où jouer? 
Alex: L'installation sonore est pas ouf mais j'aime bien le Baron
JB: J'aimerai bien jouer chez Moune, j'aime bien les trucs petits.
La meilleure salle de concert?
Alex: Là où on rêverait de jouer? La Cigale ou l'Olympia, des salles qu'on n'a pas encore faites, qui sont déjà plus prestigieuses, mais sinon en salles où on a joué: Social Club, Point Éphémère, Flèche D'Or. La Flèche D'or la salle est belle, le son est bon, tu peux avoir un public devant. 
Le meilleur mag' musical? 
JB: Je n'en lis pas beaucoup. De temps en temps un petit NME parce que c'est marrant. Ils vont encenser un groupe pendant une semaine et après dire que c'est de la merde, ils arrivent à créer de l'excitation, chaque semaine il y a un meilleur groupe de tous les temps. Sinon Dirrty Music (clin d'oeil)!
Alex: Je lis parfois Technikart ou les Inrocks mais je ne suis jamais d'accord avec les critiques musiques.
Le meilleur groupe actuel?
Alex: Il ne faut pas que je réponde, ça fait trois jours que j'ai Kanye West dans la tête. De toute façon il n'y a que deux albums que j'écoute en entier Kanye et Foals, ah oui et I Blame Coco, ça en fait trois.
JB: le Phoenix est bien aussi, ah mais il n'est pas de cette année... Bon bah pareil avec Kasabian. Le prochain va être trop bien il paraît, complètement différent. 

lundi 15 novembre 2010

WHY DO YOU LISTEN TO THAT MAN, THAT MAN'S A BALLOON

Suite et fin de ma lente ré-acclimatation dans cette ville que je chéris autant que la maudis, où l'Espace B aura été le dernier maillon d'une longue chaîne pour me convaincre d'une fois pour toute poser mes bagages et rester.


Planqué au fin fond du 19ème, ce petit resto-bar abrite une salle de concert dont on ne se serait douté si on ne devait assister à celui des Wild Nothing. Une petite terrasse permet de fumer une dernière cigarette sans se presser, avant de s'accouder au bar au zinc et commander un verre de vin, à un prix pour une fois raisonnable. Au fond, un petit couloir mène à la salle en elle-même. Une épaisse moquette rouge recouvre le tout et rappelle les vieux squats des ex-potes musicos, que la vie de bohème faisait autrefois rêvée, avant qu'ils ne soient rattrapés par la réalité et l'école de commerce que papa a choisi pour eux et finance, par la même occasion. Tout ça pour dire, qu'on se sent aussitôt familier dans ce lieu, bien que ce soit la 1ère fois que l'on y risque nos talons.

Quand on entre le concert des français de The Twins est sur le point de s'achever. Le public, bien que restreint, hoche doucement la tête. À peine le temps d'entendre une chanson qu'ils quittent déjà la scène, cela nous apprendra à nous bousiller les poumons. Ce que nous retournons néanmoins faire, sitôt les applaudissements retombés.



Viens le tour des quatre irlandais de Kowalski, vraie découverte de la soirée. Une pop légère, sans pour autant être désuète, un beat acéré, accompagné de ce qu'il faut de synthé, pour tout à la fois nous faire danser et laisser se ballader notre esprit, de la dream pop indé ce qui se fait de mieux. Un concert relativement court, ce qui se comprend mieux quand on sait qu'ils n'ont sorti que deux EP Are You Noisy Sunshine State et Take Care, Take Flight. Leur bonne prestation sera d'ailleurs récompensée par l'achat de ce dernier. On apprendra par la suite que c'est eux qui ont assuré la 1ère partie des Two Door Cinema Club, pendant leur tournée européenne. Comme eux ils sont irlandais et comme pour eux les premiers mots qui viennent à l'esprit pour décrire leur musique sont redoutable efficacité et apparente simplicité. Il ne leur reste plus qu'à connaître la même ascension.
Dernière pause avant le dernier concert. La salle est quasi comble, les groupies s'agitent déjà dans les premiers rangs, l'ambiance se fait de plus en plus chaude, alourdie encore par la moquette environnante. Qu'à cela ne tienne, la pop de Jack Tatum, l'homme qui se cache derrière Wild Nothing, est encore plus diffuse et rêveuse que celle de Kowalski. Mais troisième concert oblige, l'atmosphère de la salle devient de plus en plus confinée, on se sent de plus en plus à l'étroit, on a du mal à décoller et retrouver le côté aérien que pouvait avoir l'album. Finalement, plus le temps passe et plus on se fait à la moiteur ambiante, au souffle chaud de son voisin dans sa nuque, on finit même par lâcher prise et enfin se laisser aller, malheureusement pour nous le concert est déjà terminé.




Wild Nothing - Chinatown @ L'Espace B



BONUS:

Filez sur Saturdays = Youth pour l'ITW de Kowalski.

mercredi 3 novembre 2010

FUCK LE SAMEDI, LE LUNDI, LE MARDI


Après avoir headbangée© dans la boue lors de la Route du Rock 2010 j'ai décidé de remettre le couvert jeudi soir dernier, à La Machine, pour goûter, à nouveau, au rock sans concession de ces chers petits Liars.

La mode semble être au double 1ère partie en ce moment, ce qui ne m'empêche pas de rater, comme à mon habitude, la première 1ère partie, bien que curieuse de découvrir Team Ghost sur scène (aka Nicolas Fromageau, ex-membre du duo de M83).

Après les retrouvailles avec la Tsugi crew, on va, une bière à la main, tendre l'oreille à John Wiese, la seconde 1ère partie donc. Pour les amateurs d'expérimentale noisy c'est sans doute le paradis, en mode je vous déconstruis la musique pour vous montrer la structure de cette dernière, mais pour les autres il est encore trop tôt pour ce genre de trip. On remonte donc fumer une clope, en s'interrogeant sur le dealer de ce monsieur.


A 22h30 tapantes (chose rare à La Machine, d'où la précision) le trio des Liars entre en scène. Première surprise ils sont cinq, preppy looks pour l'ensemble, mis à part le longiline Angus Andrew qui se la joue no style: tshirt informe, pas rasé et cheveux collés au visage. Dès leur entrée, on sent l'électricité montée dans la salle, comme si leur simple présence nous donnait déjà envie de nous trémousser. Pas besoin d'attendre longtemps puisque déjà les premiers riffs de guitare résonnent dans la salle et aussitôt on ne peut qu'être happé par cette puissance. Cela fait appel à nos instincts primaires, notre goût pour un son sale mais ô combien travaillé. On se prend de la sueur plein le visage (métaphoriquement) et on aime ça. Les morceaux s'enchaînent sans bavardage, les Liars font partis de ces groupes qui n'ont pas besoin de parler pour se sentir en osmose avec son public et vice versa, pour les raisons sus invoquées. Alternant des morceaux calmes à des morceaux endiablés on peut constater à quel point Liars maîtrise ses gammes, passant de l'un à l'autre avec la même énergie, gardant le public en haleine, le regard fixé sur Angus et sa danse de pantin désarticulé. On en redemandera par trois fois et on nos prières ne seront pas déçues, au contraire même puisqu'on aura même le droit à un inédit. Une vraie de leçon.

mercredi 20 octobre 2010

THE PLAN WAS TO DRINK UNTIL THE PAIN OVER, BUT WHAT'S WORSE THE PAIN OR THE HANGOVER?


Après un été de festivals, j'ai eu un peu de mal à me remettre dans le bain des concerts policés des salles parisiennes. Cela aurait pu durer longtemps si je n'avais pas vu le nom des Magic Kids illuminé mon newsfeed. J'ai donc rangé ma flemme hivernale au placard pour la soirée et me suis équipée pour affronter le froid et la foule. 

Direction l'une de mes salles préférées: le Point Ephémère. Je ne sais pas si c'est grâce au canal Saint Martin (un de mes lieux favoris à Paris) ou si ce mélange de calme (l'eau) associé à l'excitation (le monde aux abords du canal et les sirènes des camions de pompier de la caserne voisine)  qui crée un lieu pour ainsi dire hors du temps, mais toujours est-il que je suis toujours ravie de m'y rendre.

Ce soir, la 1ère partie est assurée par cinq normands, les Da Brasilians. Techniquement c'est la seconde, après Top Top, mais je n'ai pas pu assister au concert de ces derniers pour cause de crise d'hypoglycémie -comprendre dîner-.  Le quintet français, chantant en anglais, nous offre une pop oscillant entre les 60s et les 70s. Le son est clair, l'harmonie des choeurs est sans impair, aucune fausse note en somme. Et pourtant cela reste encore un brin propret, à l'instar du polo du jeune chanteur, pour me transporter tout à fait. Une jolie 1ère partie néanmoins, je reviendrai les voir quand ils auront pris un peu de bouteille.  

Après de longues minutes de réglages, les Magic Kids s'installent sur scène. Pour ceux qui l'ignorent encore, Magic Kids, c'est l'un des nombreux groupes à tendance beachboyenne de cet été, qui a fait parlé de lui grâce aux tubes "Hey Boy" et "Superball'. Puis, à nouveau à la fin de l'été avec Memphis, album emprunt aux 60's: même pop rock surfisante, même naïveté dans les paroles, même musique décomplexée, n'ayant d'autre but que de vous que de vous faire danser. 

C'est donc pour retrouver cette atmosphère estivale que j'ai daigné quitter ma couette et la chaleur de mon terrier ce soir là. Si sur l'album, tous les morceaux sont maîtrisés à la perfection -ajoutant encore à la naïveté de la chose (dans le bon sens du terme)- sur scène, c'est une impression de cafouillage qui domine. La voix du chanteur se perd derrière les guitares, sans parler de l'inutilité de la jolie violiniste, qu'on a envie de faire taire dès qu'elle se met à ouvrir la bouche. Ajouter à cela, ce grand échalas de Bennet Foster (aka le chanteur) qui se la joue Sue Ellen en chaleur: vazy que je te fais mon regard de l'amour qui tue et vazy que je descends dans la foule me frotter à la groupie... On devrait rentrer dans le jeu ou au moins en rire, mais même pas. N'est pas Mick Jagger qui veut et niveau paquet le petit Benet ne joue pas dans la même cour. C'est surjoué, cliché, convenu, à la limite je préférai les gentils garçons de Da Brasilians, eux au moins, ils ne forçaient pas le trait. C'est finalement sur le rappel que les Magic Kids s'en sortent le mieux, mettant en avant la simple complicité qui les unit, on ne demandait finalement que ça. 


lundi 11 octobre 2010

ERASE ME


100 ans après m'être enthousiasmée pour le concert d'Interpol, voici la seconde partie, "tant attendue", sur celui de U2. Soyons clair, à l'origine cela me faisait quand même doucement rigoler de me rendre à ce concert, puique c'était à l'oeil et puis mon âme de sociologue en émois voulait tenter de percer le mystère U2. Essayer de comprendre comment cette bande d'irlandais politiquement engagé (attardé?) arrive à remplir le stade de France, pour la seconde fois, qui plus est. Comme on peut s'en douter ce concert ne me donna pas les réponses escomptées néanmoins j'ai pû m'amuser à élaborer une certaine typologie de fan, la preuve par quatre.

Primo, le fan de U2 n'est pas né de la dernière pluie (comprendre qu'il a plus de quarante ans), son ouïe s'est donc altérée au fil des années ce qui explique, sans doute, qu'il puisse endurer sans mot dire, 1h30 de la même chanson. 

Secondo, si l'âge moyen du public est relativement élevé c'est également dû au prix du billet: plus de 100€ si mes souvenirs sont bons. Et non content de débourser une telle somme pour voir une bande de faux rockers, le fan du dit groupe, ne peux s'empêcher de faire partager sa passion à sa petite famille, ce qui explique la présence de nombreuses têtes blondes. Le rock'n'roll c'est un truc qui se transmet de père en fils, t'as vu?

Tertio, le fan de U2 aime à montrer son dévouement pour son gourou, aka le père Bono. Pour se faire, il va dévaliser le merch' et s'empresser d'arborer le Tshirt de la tournée 360, histoire que l'on comprenne bien, nous pauvres impies, qu'il est fier de participer à cette grand messe. Ce qui, au passage, a fini par persuader qu'il faudrait imprimer l'article sur le "port du T-shirt en milieu musico-social" en tract à l'entrée des concerts, pour notre bien à tous.

Quarto, notre cher fan est, à l'image de son gourou, politiquement engagé (attardé?). Aussi quand Bono nous prêche la bonne parole au sujet d'Aung San Suu Kyi -la Birmane emprisonnée- il se sent bien entendu concerné, tendant le bras vers la lumière que brandisse de pseudos vestales, la larmichette au coin de l'oeil. Bien que la palme du ridicule, revienne à la reprise de "Get Up, Stand Up" de Bob Marley. Nan mais sérieux? Manquait plus qu'il nous roule un joint sur scène au même moment pour que ce soit le pompon.


Autant faire court -ma médisance a ses limites- mais finalement ce concert m'a surtout donné envie d'assister à un match au Stade de France, quand on connaît ma passion pour le ballon rond, cela veut tout dire.

mercredi 18 août 2010

WE'RE GOING TO GO BY OUR OWN PANTS, OUR SWEATY LITTLE PANTS

Si l'idée de passer votre été à Paris vous déprime, je vous conseille de jeter un oeil du côté du Nouveau Casino et plus précisément de s'attarder sur la programmation du Colors Music Estival: Toro y Moi, Savoir Adore, Chris Garneau, Holly Miranda, Vivian Girls, Tame Impala, Au Revoir Simone, Karaocake, Girls... et j'en passe. Si tous ces noms ne vous redonnent pas le sourire, c'est que vous n'avez tout bonnement pas de coeur (you are dead inside en VO), voilà.

C'est ainsi que je me suis rendue, pour mon premier jour de vacances, au Nouveau Casino afin de chouiner face aux somptueuses voix de Chris Garneau et Holly Miranda. Façon de parler hein, si tu as cru que j'avais un coeur tu t'es trompé de crémerie, mon grand.

Chris Garneau @ Nouveau Casino (© Music Doesn't Exist In My Country)

En bon gentleman, c'est le frêle auteur-compositeur-interprète new-yorkais, Chris Garneau, qui ouvre le bal. Vêtu d'un simple marcel (on lui pardonnera cette faute de goût), il arrive seul sur scène avec son clavier pour unique compagnon. Mais au bout de deux chansons, deux violonistes, une celliste, un tromboniste et un trompettiste font leur entrer, donnant plus de relief à chacune des chansons. La salle est plongée dans la pénombre, seule une faible lumière éclaire le chanteur. Cette atmosphère intimiste permet de plonger rapidement dans son univers, oscillant entre une noirceur certaine et une candeur absolue. Notamment quand le jeune prodige joue "Baby's Romance", "Dirty Night Clown" et "We Don't Try", il ne manque que "Hometown Girls" pour que mon armure ne se fissure tout à fait. Le tout s'achève en beauté sur la cover de "Between The Bars" d'Elliott Smith.


Holly Miranda @ Nouveau Casino (© Rebel Girl Diary)

Petite pause dans l'aquarium aka le coin fumeur du Nouveau Casino, puis c'est Holly Miranda qui entre en piste. La foule est plus dense que jamais, aussi je m'en vais l'écouter tout au fond, dans les canapés afin d'apprécier sa voix sans être obligée sentir la moiteur de la peau de mes voisins sur moi. "You know it's hot when your elbows are sweating" (vous savez qu'il fait chaud quand vos coudes transpirent, ndlr) comme le dit si bien la chanteuse elle-même. Très étonnée de la puissance quasi rock du live -rien à voir avec la douceur pop de l’album- je me décide à aller affronter la sueur de mes congénères. Bon d’accord, une place c’est surtout libérée dans les escaliers, je peux enfin profiter pleinement de la seconde moitié du concert. Je ne me remets pas de l’énergie que ce concert dégage, entre délicatesse et puissance, quelle surprise ! Et malgré la chaleur, la chanteuse donne tout ce qu’elle a, « I’ll fake it, till we make it » assène-t-elle d’un ton limite aguicheur. Dans la moiteur du Nouveau Casino, la chaleur monte encore d’un cran, avant de fondre tout à fait sur "Halleluiah", qui clôture ce set. On sort exténués mais heureux de cette chaude soirée d’été.

jeudi 22 juillet 2010

WE'RE GOING TO GO BY OUR OWN PANTS, OUR SWEATY LITTLE PANTS

Si l'idée de passer votre été à Paris vous déprime, je vous conseille de jeter un oeil du côté du Nouveau Casino et plus précisément de s'attarder sur la programmation du Colors Music Estival : Toro y Moi, Savoir Adore, Chris Garneau, Holly Miranda, Vivian Girls, Tame Impala, Au Revoir Simone, Karaocake, Girls... et j'en passe. Si tous ces noms ne vous redonnent pas le sourire, c'est que vous n'avez tout bonnement pas de coeur (you are dead inside en VO), voilà.

C'est ainsi que je me suis rendu, pour mon premier jour de vacances, au Nouveau Casino afin de chouiner face aux somptueuses voix de Chris Garneau et Holly Miranda. Façon de parler hein, si tu as cru que j'avais un coeur tu t'es trompé de crémerie, mon grand.



Chris Garneau @ Nouveau Casino (copyright Music Doesn't Exist In Your Country)

En bon gentleman, c'est le frêle auteur-compositeur-interprète new-yorkais, Chris Garneau, qui ouvre le bal. Vêtu d'un simple marcel (on lui pardonnera cette faute de goût), il arrive seul sur scène avec son clavier pour unique compagnon. Mais au bout de deux chansons, deux violonistes, une celliste, un tromboniste et un trompettiste font leur entrer, donnant plus de relief à chacune des chansons. La salle est plongée dans la pénombre, seule une faible lumière éclaire le chanteur. Cette atmosphère intimiste permet se noyer tout à fait cet univers oscillant entre une noirceur certaine et une candeur absolue, le public est littéralement pendue à ses lèvres, dans un silence quasi religieux. Notamment quand le jeune prodige joue "Baby's Romance""Dirty Night Clown" et "We Don't Try", il ne manque que "Hometown Girls" pour que mon armure ne se fissure tout à fait. Le tout s'achève en beauté sur la cover de "Between The Bars" d'Elliott Smith.


Holly Miranda @ Nouveau Casino (copyright Rebel Girl Diary)

Petite pause dans l'aquarium aka le coin fumeur du Nouveau Casino, puis c'est Holly Miranda qui entre en piste. La foule est plus dense que jamais, aussi je m'en vais l'écouter tout au fond, dans les canapés afin d'apprécier sa voix sans être obligée sentir la moiteur de la peau de mes voisins sur moi. "You know it's hot when your elbows are sweating" (vous savez qu'il fait chaud quand vos coudes transpirent, ndlr) comme le dit si bien la chanteuse elle-même. Très étonnée de la puissance quasi rock du live, rien à voir avec la douceur pop de l’album, je me décide à aller affronter la sueur de mes congénères, bon d’accord une place c’est surtout libérée dans les escaliers, afin de profiter pleinement de la seconde moitié du concert. Je ne me remets pas de l’énergie que ce concert dégage, quelle surprise ! Et malgré la chaleur, la chanteuse donne tout ce qu’elle a, « I’ll fake it, till we make it » assène-t-elle d’un ton limite aguicheur. Dans la moiteur du Nouveau Casino, la chaleur monte encore d’un cran, avant de fondre tout à fait sur "Halleluiah", qui clôture ce set.