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mardi 22 février 2011

WHO THE FUCK IS ARCADE FIRE?

Patrick Bower (& The World Without Magic) n'est pas le prochain buzz band. C'est le projet d'un homme qui a de la bouteille, pas moins de dix ans de métier derrière lui, et qui prend son temps. Pas par paresse non, mais par souci du détail. Celui de faire une pop mélancolique qui nous colle à la peau. Rencontre autour d'un café à parler musique, la sienne et celle des autres, et ce à quoi peut aspirer un grand barbus de trente deux ans. 



Peux tu présenter ton groupe et ta musique?
Je m'appelle Patrick Bower et mon groupe s'appelle The World Without Magic, on vient de Brooklyn, New-York. On nous décrit souvent comme un groupe qui fait du folk, étant donné que je joue de la guitare acoustique mais je dirai qu'il s'agit de pop psychédélique.  

Comment s'est passé ton concert vendredi?
C'était vraiment cool, on a adoré le lieu (la Flèche d'Or, ndlr).

C'était la 1ère fois que tu y jouais?
Oui, la dernière fois on a joué à l'International et au Pop In, donc là c'était une salle beaucoup plus grande, mais les gens ont eu l'air d'aimer. On jouait en premier mais il y avait du monde.

Tu rejoues mardi à l'International, tu as hâte, tu stresses?
Je ne suis pas stressé, non. Enfin si, mais que les jours "off". J'aime avoir un but, avancer. Mais bon ça me donne l'occasion de voir Paris. En plus aujourd'hui c'est la Saint Valentin, donc je vais pouvoir emmener ma copine déjeuner après.

Tu prends ça au sérieux la Saint Valentin?
Non, c'est juste une bonne excuse pour se faire un bon restaurant!

Hier c'était les Grammy's tu as regardé?
Non, mais je sais qu'Arcade Fire a gagné. Ce n'est pas mon truc. J'ai aimé les 2 premiers albums mais ils me rappellent Bono de U2 maintenant! (rires) Je n'arrive pas à me faire à leurs manières. Ils ont de l'ambition et tant mieux pour eux, on a besoin de grand groupe rock'n'roll dans le monde.

Ce qui a surpris tout le monde c'est que ce sont les Black Keys ont gagné l'album de l'année.
Ça c'est cool, je suis heureux pour eux vraiment, ils sont géniaux!

Qui t'inspire dans l'industrie musicale?
Je dirais que les carrières de Scott Walker et Robert Wyatt m'inspirent profondément. Ce sont deux artistes qui ont des visions si particulières, complètement intemporelles et qui, passés 50 ans, arrivent à faire de la très bonne musique. Et dans la pop, Elvis Costello fait de l’excellente musique, il a fait de très bons choix au fil des années. Je me sens proche de quelqu'un comme Bill Callahan. Il a une bonne attitude, très terre à terre, il se considère comme un artiste et pas comme une rock star. Et il en va de même pour moi, je n'ai jamais voulu être une grosse pop star, je veux simplement faire la musique qui m'intéresse.  

Quand as-tu décidé de faire de la musique? Il y a eu un événement déclencheur ou tu berces dedans depuis tout petit?
Depuis tout petit. Mon père était chanteur dans un groupe, j’avais 16 ans lors de mon premier concert, je faisais sa 1ère partie. Ensuite persévérer la dedans, c'est autre chose, mais je passe mon temps à écrire et enregistrer et je veux que les gens écoutent ce que je fais, donc je n'ai pas vraiment le choix. Je ne peux vraiment pas me passer d'écrire.  

Comment ça se passe justement au niveau de la composition et de l'écriture? Par lequel commences-tu?
J'essaie de tout faire en une fois. J'ai une idée, souvent la musique, ensuite j'ai ce rouleau de papier de 3 m de long et j'ai écrit toutes mes chansons dessus. Je peux écrire que quelques notes sans forcément finir la chanson mais c'est un bon moyen pour moi de garder une trace de ce que je fais.

Et ensuite tu fais comment pour choisir parmi toutes celles que tu as composées?
Ça c'est la partie la plus difficile! Déjà il y a notre label, notre manager qui nous demande certains trucs ce qui me pousse à terminer et avoir une date butoir aide quelque part.

Où rêverais-tu jouer?
Chez moi à New-York, dans le Bowery Ballroom. C'est un peu comme la Flèche d'Or, en plus grand et c'est vraiment très beau. J'ai vu The National, quand ils ont commencé à percer là-bas, ils y ont joué cinq soirs de suite. Donc je pense que ça serait très romantique d'y jouer et fantastique de le remplir mais bon là je tourne en Europe et je joue dans pleins de villes magnifiques. J'aimerais jouer un peu plus au Nord, explorer un peu. 

C'est comment la vie en tournée? Tu aimes, tu t'ennuies?
Non, j'aime bien. Je m'y habitue de plus en plus. Aux États-Unis, être en tournée c'est nul, tu es dans un van, tout est loin, tu passes ta vie en voiture, c'est super ennuyeux. Mais ici, tu prends le train, et peut-être parce que je n'ai jamais fait de tour bus pour moi c'est génial, j'ai l'occasion de me reposer dans le train pendant quelques heures, ensuite arriver dans la ville suivante, ça me convient parfaitement. C'est un des Rolling Stone qui disait "une tournée c'est 5% sur scène et 95% d'attente". C'est ce que je n'aime pas, toute cette attente. Même quand tu vas à la salle de concerts, tu fais tes réglages à 18h et tu ne joues pas avant 23h, ça te fait 5h d'attente, c'est pourquoi il y a autant d'alcooliques dans la musique!

Ton groupe s'appelle The World Without Magic et justement qu'est-ce que serait un monde sans magie pour toi?
En théorie c'est le lieu où je ne peux pas faire de musique, ni être entouré des gens que j'aime. J'ai longtemps lutté contre mon côté assez déprimé et je crois que la musique m'a permis de m'en extirper. Donc oui un monde sans musique serait plat, terne, sans caractère, même si ça sonne très niais dis comme ça.  

Pour qui rêverais-tu d'ouvrir?
The National! Je les respecte beaucoup aussi bien en tant que paroliers que musiciens. Boxer est pour moi leur meilleur album, les paroles sont géniales. Ou sinon Robert Wyatt, je peux continuer comme ça longtemps... Pour David Bowie!

Ton meilleur souvenir jusqu'ici avec ton groupe?
Je pense que c'est un soir à Paris, on a réalisé qu'on était loin de chez nous et que malgré tout on se sentait acceptés, au Pop In je crois. Je me sentais apprécié, que les gens acceptaient de me donner une chance, c'est tout ce que je demande. Trouver les bonnes conditions pour que les gens aient envie d'écouter ta musique, c'est le plus dur. Il y a eu un moment comme celui-ci à Madrid également.  

lundi 23 août 2010

ROUTE DE ROCK - JOUR 3 - LA PROCHAINE FOIS JE PORTERAI UN TSHIRT DES METS

Dernier jour de la Route du Rock, comme d'hab grasse mat & pluie sont la combinaison parfaite. On décide quand même de se motiver vers 14h pour se rendre au concert de Karaocake à la Plage, enfin au Palais du Grand Large étant donné le "beau temps", mais c'était sans compter sur Morphée qui nous emporta dans une sieste jusqu'à 16h... FAIL, comme on dit. Le reste de cet après-midi très actif consista à faire un tour du camping photographier des tentes/personnes insolites, à admirer le match de lutte entre deux agents de sécu et en un atelier de découpage avec des ciseaux de couteau suisse...

Archir Bronson Outfit @ La Route du Rock 2010

A 19h, on se dit qu'il serait peut-être temps d'arrêter de loquer et de se rendre sur le site afin de serrer la patte du Hans pendant qu'au loin Thus : Owls joue sur scène. Très vite, la puissance d'Archie Bronson Outfit nous remet d'aplomb, et on oublie rapidement la fatigue accumulée des deux jours précédents. Le volume a été monté d'un cran pour le dernier soir, impossible de rester imperméable au rock-psyché de nos gus en boubous qui nous font danser dans la gadoue. Une violente claque.

C'est l'heure de Serena Maneesh, mais manquant de défaillir, j'opte pour l'option survie: dîner. Un wrap mexicain dans le ventre, me voilà tout de suite beaucoup plus attentive et sérieusement ce concert est le seul du festival que je n'ai vraiment pas aimé du début à la fin. C'est surjouer -mal en plus- et le shoegaze à gogo n'a fait qu'accentuer mon agacement face à ce concert soporifique.

The National @ La Route du Rock 2010

S'ensuit la raison quasi unique de ma venue à la RDR, The National. Après les avoir vus au Zénith, en 1ère partie de Pavement, je ne pouvais pas ne pas les revoir. Dire que High Violet m'a transporté est un doux euphémisme. Depuis le premier soir où je l'ai écouté je ne peux m'en passer. C'était prévisible vu l'effet que m'avait fait Alligator, Boxer et Sad Songs For Dirty Lovers auparavant. C'est donc au 2ème rang que j'assiste au concert, bien décidée à le faire chanter "Sorrow" cette fois-ci (ma préférée de High Violet). Classes, Matt Berninger et ses acolytes arrivent sur scène en costumes, sous les applaudissements d'un public déjà conquis. Et mise à part les 3 alcooliques braillardes derrière moi, ce concert n'a été que pur bonheur. On commence sur les chapeaux de roue avec "Runaway", de la mélancolie à tout va. Pour sa 3ème venue au fort, The National se sent un peu comme à la maison, remerciant le public Français d'avoir cru en eux les premiers (cocorico) et va jusqu'à faire monter sur scène un certain "Sebastian from Toulouse, the guy with the blue Mets tshirt", non je ne suis pas morte de jalousie. Pour le reste du concert, Matt Berninger se la joue "dandy mélanco-alcolique" avec sa bouteille de blanc qu'il boit à même le goulot, on dira que c'est pour se donner une certaine contenance. Reste, que quand il est l'heure de sortir sa voix rauque et de titiller les glandes lacrymales, il sait répondre présent. Que cela soit sur le magnifique "Afraid Of Everyone" ou encore sur "Conversation 16", les yeux humides se font de plus en plus nombreux, même du côté des agents de sécu... Mention spéciale au déchaînement sur "Squalor Victoria" mis en exergue par la douceur initiale des violon & piano, sans oublier les frissons sur "England". Enfin, que dire de l'émotion ressentie quand le public se met à l'unisson pour chanter "Mr November" (réclamé à corps et à cris -au propre comme au figuré- par les jeunes filles alcoolisées sus-mentionnées)? Un set impeccable qui se clôt magistralement sur l'habituel "Terrible Love", toujours aussi efficace.

Setlist The National @ La Route du Rock 2010 (© Music doesn’t exist in your country)


Flaming Lips @ La Route du Rock Antoine Mairé)

Après une telle performance je ne peux qu'être déçue par les groupes suivants mais c'était sans compter sur les Flaming Lips. Niveau show on a été servi. Que cela soit sur l'arrivée du groupe, sorti tout droit d'un écran géant, sur le slam de Wayne Coyne (le chanteur) dans sa boule transparente géante, sur l'ours qui par la suite le porta, sur tous les ballons, confettis et autres serpentins lancés sur le public façon carnaval géant. Sans oublier le moment où le public est mis à contribution pour imiter les animaux. Niveau régression on a été servi. Même si personnellement la musique est un peu passée au second plan (sauf peut-être sur "Yoshimi Battles the Pink Robots" et "Do you realize??"), je garde de ce concert un souvenir mémorable, où j'ai souri comme une enfant du début à la fin.

Flaming Lips @ La Route du Rock djenvert)

Des paillettes encore pleins les yeux, je suis plus excitée que jamais pour The Rapture. Clore la RDR 2010 et passer après Flaming Lips, ça fait un peu beaucoup. Et pourtant, à nouveau la magie post disco-funk opère, les festivaliers oublient la fatigue et dansent encore et toujours, particulièrement sur les tubes que sont "The Devil", "Echoes " ou encore "The House Of Jealous Lovers". Quand le show s'achève on aimerait qu'une chose que tout recommence, mais il est l'heure d'aller se coucher, il y en a qui bosse le lendemain.

mardi 1 juin 2010

CONS DE JEUNES


Ce matin en vérifiant mes mails je découvre que The National revient à Paris le 23 Novembre prochain, joie, bonheur. Mais là je me rends aussi compte que je ne vous ai toujours pas parlé de leur concert auquel j'ai assisté il y a un peu moins d'un mois. Rémédions-y tout de suite!

Le 7 mai dernier le Zénith avait paré ses plus beaux habits indie: The National et Pavement. Je vais sans doute en enerver plus d'un mais moi j'y allais surtout pour The National, la faute à ma jeunesse. Que voulez-vous The National et moi c'est une longue histoire d'amour, à mettre au niveau de Biolay. C'est dire.

J'avais un peu peur de ce concert parce que les grandes salles de concert très peu pour moi, vous me faites peur les gens. N'écoutant que mon courage, je me suis tout de même rendue au fin fond du parc de la Villette. Aussitôt entrée dans l'immensité du Zénith -à moitié vide- le concert commence. "Mistaken For Strangers" ouvre le bal, et aussitôt, je suis happée par cette voix. Celle de Matt Berninger, qui se marie à la perfection avec les violons et cuivre présents pour l'occasion. On est des centaines et pourtant j'ai l'impression qu'il ne chante que pour moi. Son "this one is for you" prononcé avant d'entonner "England" m'est bien entendu destiné, on est tous d'accord. Ils auraient joué dans mon salon qu'il n'en aurait pas été autrement. Les morceaux s'enchainent à la perfection, imposant leur atmosphère lourde qui ne vous laisse pas d'autre choix que de vous convaincre, si ce n'était pas déja fait, que The National fait partie de ces groupes à part, de ceux dont on se souvient, de ceux vers qui l'ont revient. Une fois sur scène chaque morceau prend tout son relief, mettant en avant la perfection mélodique, le soin accordé au texte et cette voix qui vous atteint droit au coeur.

Durant une heure, un vrai mini-concert, on entendra principalement des chansons tirées du magnifique High Violet -qui a leaké peu de temps avant le concert-: "Anyone's Ghost", "Bloodbuzz Ohio", "Little Faith", "Conversation 16"; ainsi que des titres issus de leur précédent album Boxer ("Slow Show", "Squalor Victoria", "Apartment Story", "Fake Empire") -"Mr November" faisant exception à la règle. Leur performance se clôt sur "Terrible Love", il ne manquait plus que "Sorrow" pour que je fonde définitivement en larmes. Le temps s'est arrêté ce soir là au Zénith.


Pour me remettre de mes émotion, je décide de m'installer dans les hauteurs des gradins, afin de scruter à loisir mes aînés. En effet, la foule présente pour la reformation de Pavement, après 10 ans d'absence, est plus âgée qu'habituellement en concert et essentiellement masculine. Ah les 90s, douce époque où l'indie était encore trusté par des hommes et pas ces foutues filles à mèches (auto-bâche). J'ai donc envie de voir comment se comporte le mâle devant un de ses groupes fétiches en l'occasion d'un concert unique en France.

Eh bien laissez moi vous dire que ces derniers n'ont rien à envier à leurs petits frères, les hipsters coincés, ça hoche de la tête alors qu'en face le groupe envoit du lourd niveau décibels. Même moi j'ai la crinière qui me titille alors faites un effort la merde! Je m'emporte alors qu'en réalité l'ambiance a quand même mis du temps à monter, faut pas les brusquer les papys. Après avoir ouvert sur "Silence Kit" suivi de 'In The Mouth A Desert", je reconnais enfin le groupe que j'ai tant écouté dans mon discman avec "Stereo". En effet, le son est loin d'être au rendez-vous, la voix de Malkmus est régulièrement couverte par le rythme endiablé et la puissance des percus. Pavement s'amuse à nous répéter "We are in 1992", rapide calcul j'avais 5 ans à l'époque, je me sens un peu out pour le coup. Heureusement je n'ai pas trop le temps de réfléchir tant les morceaux s'enchaînent, le public n'en finit pas de réclamer "Cut Your Hair" ce à quoi un Malkmus mi-agacé mi-amusé rétorque qu'elle est prévue pour la fin. Je suis vraiment entrée dans le concert après "Shady Lane" et "Grounded", en même temps il a duré 1h45 j'avais tout mon temps. Malgré le nombres des années nos papys ne manquent pas de planter plusieurs de leurs démarrages, tel des newbies qu'ils ne sont plus, mais ils semblent tellement s'amuser sur scène qu'ils ont finalement raison on est de retour en 92, j'ai 5 ans et "Delphine contente".

dimanche 14 mars 2010

TU CONNAIS PAS NABOKOV?!

Apparemment faire la nique à MGMT (40 euros le concert faut pas déconner) va s'avérer plus complexe que prévu puisque blogspot vient de m'envoyer un mail d'avertissement et de reléguer mon article en mode brouillon... Pour une fois je vais me contenter d'obéir et ne pas reposter insidieusement le leak. La guerre n'en est pas finie pour autant, sachez le.

Dans un récent article je vous ai parlé de jj mais la tête en l'air que je suis a oublié de vous faire partager ce clip que je trouve d'une beauté infinie:



[Sans transition] Pour nous faire patienter, avant la sortie, le 11 mai prochain, de leur 5ème album, The National nous offre un premier aperçu avec Terrible Love, joué en live durant le Late Night with Jimmy Fallon:



Cela laisse présager un très bon concert, le 7 mai, où ils seront en première partie de Pavement au Zénith de Paris. Concert qui, malgré la prestige affiche, me coûtera moins de 40E... CQFD.