mardi 2 février 2010

OUBLIEZ TOUTE CES CONNERIES SUR LES ARTISTES MAUDITS


Je n'aurai jamais cru que cela serait aussi fatiguant de revivre à Paris. Il y a toujours quelque chose à faire. Entre le vernissage d'un concept store/galerie, la soirée de promo d'une marque/dj à la mode ou un concert inmanquable, c'est à vous donner le tournis. Tant de choix au lieu de me ravir fini par m'oppresser et ne me donne qu'une envie: celle de me blottir au chaud chez moi à écouter les vieux vinyles de papa en me disant que c'était mieux avant.
Oui mais (malheureusement?) l'appel de la nuit est toujours le plus fort. On dormira quand on sera mort, hein? Alors ce soir encore, au lieu de rentrer sagement chez moi et savourer un bon repas en famille, je file au Scopitone découvrir un nouveau groupe clermontois: Mustang.

Derrière le nom de la célèbre Ford des années 60, dont tous nos grands-pères ont dû rêver pour emballer les filles, se cache un trio venu d'Auvergne. Je ne vous ferai pas la biopic du groupe car je n'ai pas l'intention de vous faire croire que je les suis depuis toujours. Non, pour être honnête j'ai découvert ce groupe grâce à un article de Voxpop. Ni une ni deux, je file sur leur myspace et m'aperçois qu'il passe à Paris deux jours plus tard. A l'occasion de leur "Paris Tour". Un aprem, trois concerts ou comment rentabiliser le passage à la capitale.

Stage oblige, je ne me rendrais qu'au dernier concert, au Scopitone donc. Annoncé pour 20h, le groupe ne débarquera pas avant 23h. Ce que je découvre en feuilletant la magazine Magic, sponsor de la soirée, qui nous a été gracieusement offert pour l'occasion. A 6 euros le verre ma patience est mise à rude épreuve. L'estomac sur les talons je m'éclipse avaler un wrap vapeur & un sundae au chocolat, fumer une dernière et clope et avant de m'en retourner au concert. A 23h15, les premières notes résonnent.
Jouant à fond la carte du rétro, la ressemblance avec le King est plus qu'entretenue. Notamment par Jean Felzine, le chanteur-guitare, qui arbore une banane savamment travaillée, qu'il ne manquera pas de repeigner sur scène. Durant une heure Mustang va nous embarquer à bord de leur cabriolet sillonné la route 66 ou la A71 (le nom de leur album). Le Scopitone se transforme alors en dinner d'antan et on est surpris de ne pas pouvoir commander de burger.
Le style du trio se veut rétro pour autant les membres du groupe ne manque pas d'énergie. On sent que c'est le troisième concert de la journée et qu'ils finissent par être rodés. Le son est clair, les textes souvent drôles et décalés comme le "bébé come back à la maison"ou la chanson Anne-Sophie. Réussisant au passage à rendre un prénom à tendance tradi-catho-coincée en un synonyme de débauche ou au moins d'appel à la luxure. C'est donc une très jolie surprise que ces clermontois m'ont offert en ce froid mois de janvier.
Vous pouvez écouter l'intégralité de l'album ici.

PS: j'ai ma place pour LCD Soundsystem et ça, ça n'a pas de prix.

dimanche 10 janvier 2010

TOGETHER OR ALONE



Un cinéma, un mardi soir de décembre, quoi de plus normal? Ce qui l'est moins, c'est qu'un employé du cinéma remercie les spectateurs d'être venus assister au film, Les Chats Persans. Tout le monde le regarde, intrigué. Il annonce que par un bien heureux hasard il se trouve que Bahman Ghobadi, le réalisateur, se trouve être ici, à Paris, dans notre cinéma.

L'homme arrive, souriant, parlant un peu français mais préférant s'exprimer en farsi pour ne pas avoir à chercher ses mots. D'une voix à la fois douce et calme il explique (ou plutôt on nous traduit) que depuis qu'il a tourné Les Chats Persans il n'a plus le droit de retourner en Iran. L'histoire sur laquelle se construit le film est bien réelle, c'est pourquoi il est important que l'on parle du film, c'est le seul moyen de faire savoir ce qui se passe en Iran en ce moment. On l'applaudit et sans plus attendre le film commence.

Dès les premières minutes, on quitte la petite salle du 6ème arrondissement, direction Téhéran l'insoumise. Bien qu'étant sous le joug de la censure et des lois islamiques, le film nous montre que les iraniens sont loin de se laisser faire. Le régime pensait les anéantir, les pousser à l'inaction, il ne pouvait pas plus se tromper. Pas moins de 2 000 groupes underground existent à Téhéran, preuve s'il en est de la créativité de la ville. Et c'est précisément ce que souhaitait montrer Bahman Ghobadi, au risque de ne jamais pouvoir retourner dans son pays, tout comme les acteurs ayant participés au film.



Je ne suis pas du genre activiste, mais là quelque chose s'est passée. Je ne sais pas si c'est le fait de voir cet homme, si passionné qui semblait nous livrer son bien le plus précieux, si c'est le film nous montrant le Téhéran qu'on ne voit jamais ou si c'est simplement moi, qui cherchait à prendre part à quelque chose plus grand que moi; mais en tout cas ce film m'a bouleversé. Car si on réfléchit deux secondes, elle est bien mignonne notre génération désanchantée (comme dirait Mylène) mais on cherche quoi avec nos Skins Parties, nos propos outranciers faits pour choquer, notre jemenfoutisme? On cherche du sens dans cette société qui nous donne tout sans que l'on ait besoin de se battre pour l'obtenir, le moyen de se sentir un peu plus vivant, ou simplement à se faire peur? On a plus vraiment de combat à mener alors on tente, comme on peut, de donner du sens à notre existence. Et n'y arrivant pas, on tente d'oublier se qu'on fout là. Sexe, alcool et rock'n'roll mon amour.

Pourtant, tout d'un coup, dans cette petite salle de cinéma j'ai retrouvé ma naïveté d'ado, celle avec laquelle je croyais que je pourrai changer le monde. Et l'espace d'un instant je me suis mise à nouveau à y croire.

Sinon tant pis, on peut toujours se tailler les veines.


TAKE IT EASY HOSPITAL

dimanche 6 décembre 2009

IT'S WONDERFUL. IT'S JUST ROUTINE.


Un concert le dimanche soir est assez rare pour être souligné. Pour l'occasion l'Aéronef nous propose un concert en mode intimiste: la scène principale est fermée, Wild Beasts se produira sur la petite scène du fond, devant un public certes restreint mais composé uniquement de connaisseurs.


La première partie est un illustre inconnu qui semble tellement s'excuser d'être là qu'il en devient attachant. Il en oublie même de se présenter! Après recherche ce dernier se nomme Geoff Mendelson et développe deux projets parallèles. Spasmodic Joy pour le côté folk et Elder Threat Block pour le côté expérimental. C'est sans doute lui qui définit le mieux ses projets: « Spasmodic Joy is about being an adult. Elder Threat Block is about being a child. I, Geoff Mendelson, try to create music among other useless things ». Ce soir il joue devant nous uniquement accompagné de sa guitare acoustique, de sa jolie voix et de ses ballades mélancoliques (dont les paroles ont inspiré certains de mes derniers titres d'articles). On le sens très nerveux, à deux reprises il se perd dans les paroles, balbutie, avant de se reprendre jouant avec violence, comme énervé contre lui même.

Une fois sa prestation terminée le public se reserre et c'est au tour des petits anglais sauvages de jouer. A peine arrivé sur scène, le public est déjà conquis, certains émettant des bruits singuliers presque animaliers. Passons. Leur prestation n'est pas bonne, elle est divine. The Devil's Crayon, We Still Got The Taste Dancin' On Our Tongues, Cheerio Chaps Cheerio Goodbye, All The King's Men & Two Dancers (I) m'emmènent au paradis. L'impression d'être transportée hors du temps pendant une heure. Je reste les yeux écarquillés, les oreilles grandes ouvertes, la peur de perdre une miette de ravissement. Ravis d'être là, ils ne cesseront de nous remercier d'être venu les écouter. Un dimanche soir qui plus est. Ils paraissent même surpris qu'on leur réclame un rappel à force d'applaudissements et de cris. Comment vous dire que personne ne souhaite voir le rêve s'achever.

mercredi 2 décembre 2009

IT'S TIME FOR NEW LOVER


"Je suis seulement fasciné par ceux qui se consument, se brûlent, se détruisent.
Tu veux mon avis? Je vais te le donner quand même! Tu es un lâche. Un vrai. Obsédé par la nuit, incapable de te coucher après trois heures. Tu veux chuter en ayant la certitude de te relever. Ta vie est une théorie. Oui, ta vie est une multitude de théories. Action ou vérité? Bien entendu, tu choisi vérité. Tu es fasciné par ceux qui se détruisent pour la seule raison que tu en es incapable. Mais je n'ai pas peur de la mort. Ah oui! Prouve le! Ouvre toi les veines! Non pas comme ça? Je ne te parle pas de ces entailles ridicules. Prends un vrai couteau, et coupe. Tu sais bien qu'il faut le faire dans le sens des veines. Suicide toi!
Tu vois, tu ne peux pas."

mardi 1 décembre 2009

JE CRACHE SUR LA CHANSON FRANCAISE


Peut être est-ce dû au spleen que je laisse peu à peu s'installer dans mon quotidien mais en ce moment Bashung me manque. Je suis triste à l'idée que plus jamais il ne me ravira le cœur d'une nouvelle composition. Bashung est comme le bon vin il se bonifie avec le temps, comme le prouve son dernier album, le fabuleux Bleu Pétrole. J'avoue l'avoir mal connu de son vivant: deux trois chansons par ci par là mais c'est au jour de sa mort que je suis devenue curieuse. Je suis restée intriguée devant l'engouement que ce dernier pouvait susciter auprès des jeunes et des moins jeunes. Et, piquée au vif, je me suis mise à écouter ses albums. Subjuguée devant cette voix, sa façon de jouer avec les mots, j'ai continué à fouiner tel un camé en manque. Et voilà qu'aujourd'hui après avoir découvert un à un ses différents titres et dévorant sa biographie, il me manque. Il était l'un des seuls à savoir encore manier le verbe. Lui donnant une dimension nouvelle et un sens infini. Grâce à lui la chanson française et plus encore le rock français n'a plus eu à baisser les yeux. Ceci explique sans doute pourquoi je vous rabâche les oreilles sur Biolay (des inédits ici, btw). Le seul, à mon sens, à pouvoir s'estimer dans la lignée du maître.

vendredi 27 novembre 2009

WILL YOU MARRY ME BELLA?

[mode prépubère ON]



Oui oui vous ne rêvez pas je vais bien vous parler de Twilight. Ne vous moquez pas c'était pour « l'école »! Bon d'accord j'ai peut-être proposé de faire un reportage sur le phénomène Twilight mais j'avais surtout besoin de me donner bonne conscience et une raison d'accompagner mes amies, qui elles assument complètement.

Je n'avais pas aimé le premier volet, on m'avait vendu de la tension sexuel à foison, je n'y ai vu que du feu. Alors pourquoi retenter l'expérience? Une raison, une seule: Robert Pattinson. J'avoue que la vue de son torse dans le trailer est loin de m'avoir laissée de marbre. Ajouter à cela la beauté de la BO, que des oeuvres originales réalisées par des artistes tel Grizzly Bear, The Killers, Death Cab for Cutie, Thom Yorke, Lykke Ly... le résultat ne peut être que meilleur.

Le rendez-vous est donc donné une heure avant la séance histoire de s'assurer des places, par crainte de l'hystérie pré-pubère entretenue par le concert des BB Brunes sur la Grand Place à midi. Lille c'est un peu la ville des teenagers t'as vu. En attendant la séance on se réchauffe autour d'un lait noisette et d'une discussion de fille (la collection pourrie de Jimmy Choo pour H&M, le magnifique serre-tête Maje hors de prix etc). Vingt-cinq minutes avant le début de la séance retour à l'UGC rue de Béthune, seul cinéma à le passer en VO dans la métropole. Déjà une petite file d'attente s'est formée. Le public est majoritairement féminin comme on pouvait s'y attendre. La plupart venues par groupe de deux ou trois, ça piaille de partout mais l'atmosphère est plutôt calme. Au moment d'entrer on sent l'excitation monter d'un cran, le vigile tente de calmer la meute en expliquant qu'il y aura de la place pour tout le monde. Chacun s'installe et en effet bien que la salle soit bien remplie pour une séance de fin d'après midi, il reste des places. A ma droite, deux garçons matent en rigolant toutes ces filles en émoi. Je rirai tout autant si je les voyais devant un film comprenant Megan Fox et Jessica Alba, mais passons.
Ça papote de partout, même durant les bandes annonces, jusqu'a ce qu'un puissant «chuuut» plonge la salle dans un silence quasi religieux quand les lumières s'éteignent. Un petit cri et quelques souffles courts à la première apparition de Rob à l'écran mais l'hystérie s'arrête là. On sent que le budget des effets spéciaux a été augmenté mais il serait bon de se calmer sur les ralentis à la Matrix. Et il faudrait également penser à virer la maquilleuse de Rob ou lui apprendre que la démarcation cou/visage c'est très vilain. Ces détails mis à part les filles en auront pour leur argent: deux heures de film, deux BG, dont l'un d'eux torse nu torse nu pendant la moitié du film. Notons, au passage, le tracé quasi parfait de ses tablettes de chocolat, j'en suis encore sans voix. Mis à part ça, l'histoire est vue & revue, le suspens ne prend pas, on se doute de la fin du film même durant la scène de rupture tant ses yeux, à lui aussi, mentent. Personnellement j'aurais préféré une fin tragique à la Roméo et Juliette pour accentuer encore le côté candide du film et l'assumer pleinement.

-"Alors, t'as aimé Twilight?"
- "La BO est géniale..."

BONUS:
Mon moment préféré restera la niaiserie sans nom de la phrase finale sur laquelle s'achève le film et le fou rire général qui l'a accompagné.

[mode pré-pubère OFF]

Meet Me On The Equinox - DEATH CAB FOR CUTIE
Hearing Damage - THOM YORKE
Rosyln - BON IVER & ST. VINCENT

mardi 24 novembre 2009

MEGAFAUN

Du concert des Dodos au Grand Mix de Tourcoing je ne retiendrais que la première partie. Et c’est de nouveau un problème de réglage qui en est la cause. Les salles lilloises auraient-elles du souci à se faire au niveau des ingénieurs sons ou serait-ce les groupes qui ne savent pas (plus ?) faire leurs réglages correctement ?




Une fois encore la voix du chanteur, ici celle de Meric Long, ne porte pas au-dessus de la puissance de la guitare, des percussions et du vibraphone. Ajouter à cela la sotte idée de mettre de la distortion sur une guitare acoustique ou semi-acoustique (quand ton n'arrive pas à la gérer) et voilà que la beauté des arpèges, entendus dans leurs différents albums (Beware Of The Maniacs, Visiter & Time To Die), disparaît. Résultat, je suis sortie du concert les tympans bousillés.

Attardons nous à présent sur LA nouvelle découverte de cette soirée, le trio américain Megafaun. Cette formation est issue de feu DeYarmond Edison. Souvenez-vous, le premier groupe de Justin Vernon (aka Bon Iver). Ce dernier ayant quitté le groupe afin de se consacrer à sa carrière solo ainsi qu’à des projets parallèles (comme le très bon Volcano Choir), les membres restants décidèrent de perdurer sous un nouveau nom : Megafaun. Composé de deux frères barbus à la guitare et au bonjo: Brad and Phil Cook et d’un batteur : Joe Westerlund. Alors qu’ils sont d’illustres inconnus pour le public français, ces derniers parviennent à nous entraîner dans leur univers folk, teinté de touches country, de quelques pointes de blues et d’un soupçon d’expérimentale. Poussant le public, à première vue un peu réticent, à lever les bras ("for north Carolina") tout en battant la mesure. Ce sont des bêtes de scène, capables de débrancher guitares et micros afin d'aller au plus près du public. C'est alors que l'on découvre sous un nouveau jour leurs voix douces et claires, formant un choeur parfait. Les ballades douces et vaporeuses, par moment, sont entrecoupées de morceaux plus complexes, mélangeant grincements et autres sons étranges. Se rapprochant des cowboys des pleines américaines par leur style, ils ne sont pas s'en rappeler la musique Akron/Family (dont ils font régulièrement la première partie) ou encore Crosby, Stills, Nash & Young. Faudrait-il en rajouter pour vous convaincre de leur excellente prestation?

Drains - MEGAFAUN
Guns - MEGAFAUN
The Fade - MEGAFAUN
The Longest Day - MEGAFAUN