J'aime Biolay. Cela ne date pas d'hier. Il a suffit d'un jour d'été, un billet de 20 vingt euros retrouvé au fond de ma poche, une station essence et ce fut la révélation.
Attirée par l'aspect un peu torturé de la pochette de l'album
A l'Origine, je me décidai à l'acheter pour m'épargner les heures de route restantes avec la musique du padre. Qui, ceci dit en passant, est de très bonne qualité, c'est juste que la playlist n'a pas changé depuis que j'ai trois ans... Je lance un putsch sur l'auto-radio et malgré les cris paternels j'insère le CD, les oreilles grandes ouvertes, impatiente de découvrir ce que contient cet énigmatique disque. Dès les premières notes de
A l'origine (la chanson cette fois), je suis comme hypnotisée par cette voix grave mais à la fois douce trahissant une mélancolie certaine. Les chansons passent, les larmes montent sur
Même si tu pars (j'étais sensible à l'époque),
L'histoire d'un garçon et se sont déjà les dernières notes de
Mes peines de coeur, qui closent l'album. Je reste longtemps sans parler -ce qui, me connaissant, arrive assez rarement pour être souligné- le regard perdu vers l'horizon, ne comprenant pas bien ce qui vient de se passer. C'est ce qu'on appelle le coup de foudre.
Après cette belle découverte, je me suis empressée de rechercher les autres oeuvres du dénommé
Biolay. Je découvris
Négatif et deux ans plus tard
Trash Yéyé pour ne citer que mes préférés (si vous voulez sa discographie complète
Wikipédia fera ça très bien pour vous). Depuis, je lutte pour faire découvrir
Biolay à mon entourage, beaucoup étant sceptiques jusqu'à ce qu'ils prennent le temps d'écouter réellement ce que nous offre l'artiste. Car s'il est facile de critiquer, il l'est bien moins de prendre le temps d'écouter correctement quelque chose. Du début à la fin, de faire attention aux mots, à la tournure des phrases, à la justesse d'un accord et c'est pourtant ce que nous demande ce perfectionniste qu'est
Biolay.
Aujourd'hui, après des années passées au ban de la chanson française, voilà que la critique encense
Biolay. Qu'on aime son nouvel album soit une chose, mais porter ainsi aux nues un artiste que l'on a tant décrié en est une autre. Un peu de tenue, que diable. Son avis on s'y tient, ou, si l'on en change, on le fait avec subtilité, nuance, on peut même avouer que l'on s'est
trompé et c'est encore plus louable. Même si cela m'agace de l'avouer, je ne peux qu'être d'accord avec l'ensemble des louanges qui lui sont aujourd'hui faites, car
La Superbe est, bel et bien, un chef-d'oeuvre. En vrac, j'apprécie l'écho que l'on peut entendre entre
15 août et
15 septembre, Lyon presqu'île, Jaloux de tout et celle qui m'émeut le plus malgré son air entraînant,
Reviens mon amour. Je m'arrêterais là afin de ne pas vous passer en revue les vingt-deux titres que compte ce double album et vous lasser avant l'heure.