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dimanche 7 novembre 2010

HE CALLED ME A FAGGOT


Rendez-vous vendredi dernier pour le seul jour du Festival des Inrocks auquel j'assisterai. C'est le prix de la précarité et surtout de demander son accred au dernier moment. On commence avec Free Energy, cinq grands gaillards venus de Philadelphie. Si sur disque je les trouvais ternes et dénués d'intérêt, sur scène il en est autrement. Complètement surexcités, ils dansent et sautent partout. Leur énergie est communicative puisque déjà les premiers rangs commencent à s'agiter. Bien que je n'accroche toujours pas à leur musique, trop lisse, leur prestation scénique m'a donnée envie de leur accorder une seconde chance. 

[MODE OBJECTIF OFF] Il n'y a pas qu'à eux que la scène réussit, pour le croire il suffit de regarder la performance de Surfer Blood, ce soir là, à la Cigale. Quand on les avait rencontrés, il y a quelques mois de ça, ils étaient dans l'euphorie du début, d'un de leurs premiers séjours en Europe. Après 7 mois de tournée non stop, à arpenter en long en large et en travers l'ensemble des États-Unis et aujourd'hui l'Europe, vivant et dormant dans leur van, ils ont gardé leurs bouilles poupones mais les traits sont tirés.


Stage invasion des Free Energy pendant "Swim" de Surfer Blood @ La Cigale


Sur scène, il n'en est rien, bien au contraire. La fougue des premiers jours est toujours présente, la précision en plus. Si leur concert en mai dernier m'avait charmé, celui-ci achève de me convaincre: les petits Surfer Blood sont devenus grands. On sent, chez ces adorateurs de Pavement, qu'ils ont pris de l'ampleur -d'aucuns diraient mûri-, qu'ils ne se contentent plus de reproduire les morceaux de leur album mais qu'à présent ils les habitent pleinement. Que cela soit sur leur tube "Floating Vibes" qui sonne plus lourd, plus âpre ou encore sur "Twin Peaks" où la voix de PJ, claire comme de l'eau de source se lance sans mal dans les aïgus, pour mieux revenir dans un cri pour le refrain. Sans oublier "Catholic Pagans" (ultimate favorite), qui résonnent comme jamais dans une Cigale qui finit enfin par s'échauffer. Moment d'allégresse sur "Swim" où Free Energy les rejoignent sur scène, dans un joyeux bordel ou encore quand Marcos vient jouer de la percu avec le public. Une petite demi-heure de concert et les voilà déjà partis. Pas rassasiées pour un sou on rêve déjà d'assister à l'un de leur concert en compagnie d'Interpol lors de la tournée européenne de ses derniers. [MODE OBJECTIF ON]



S'ensuit le tant attendu Carl Barât. Si le monsieur fait un peu tâche sur l'affiche américano-américaine, à tendance surf rock de ce soir, il s'en tire avec brio. Alternant ses morceaux solos à ceux des Libertines ou des Dirty Pretty Things, tout en s'effeuillant au fur et à mesure, pour le plus grand plaisir des demoiselles. C'est très joli mais bien poli pour l'un des ex leader des sulfureux Libertines. Et pourtant Carl fait des efforts pour communiquer avec son public, manque de chance il n'a toujours pas appris à articuler et on ne comprend pas grand chose, mais c'est l'intention qui compte, pas vrai? Mention spéciale au violoncelle et contre-basse qui l'accompagnaient, permettant de magnifier les morceaux solos, allant jusqu'à donner l'envie à certains de donner une seconde chance à son dernier album. Reste que le public est surtout déçu que Pete ne soit pas venu, preuve une fois de plus, que les deux lads n'ont jamais  été aussi bon qu'ensemble. On aime à croire qu'un nouvel album est en préparation, wait and see.

The Drums @ La Cigale, Festival des Inrocks 2010, Paris.

Pour clôturer la soirée, je demande le it-band du moment: The Drums. Après les avoir vus sur la grande scène des Eurockéennes, les voilà en tête d'affiche du Festival des Inrocks, devant Carl Barât, c'est dire s'ils sont "huge" en Europe. Bien câlées dans nos fauteuils au 1er étage on admire le jeu de jambes de Jonathan Pierce (chanteur) mais c'est à nouveau Mr Tambourine man qui a nos faveurs. Eux aussi, on pris du corps durant l'été, les morceaux gagnent en relief et offrent une seconde lecture de leur album. Le public est en transe et il ne semble pas le seul, puisque durant "Let's Go Surfing", Marcos (Surfer Blood) ne pourra s'empêcher de se jeter dans la foule. Mention spéciale à "Down By The Water" qui clôt leur show sur une note certes plus triste mais qui montre à ceux qui en doutaient encore que les Drums ce n'est pas que bon à sautiller et siffloter. 

jeudi 27 mai 2010

J'ME LA RACONTE A PARIS



Je n'ai rien contre le festival de Cannes, mais en vrai qu'on soit bien d'accord, Cannes c'est complètement surfait. J'y suis allée l'été de ma Term', et je peux vous dire que je me suis rarement autant fait chier (je suis grossière tant le terme "ennui" est faible comparé à ce que j'ai pu ressentir à l'époque). Ma mère en a été ravie, outrée que sa progéniture aille se la couler douce dans le Sud, au lieu d'aller caracoler autour du monde, comme elle d'habitude. On mettra cette incartade sur le compte de la crise d'ado. Mais autant vous dire que faire bronzette pendant des heures, avec ma peau de lait, c'est assez rapidement le calvaire –quand vous avez le bonheur de trouver un carré de plage publique libre pour étaler sa serviette- et pour ce qui est des plages privées il faut aimer se coltiner des baleineaux qui se prennent pour des MILFS, des braillards et des bimbos tellement refaites et huilées qu'on ne craint qu'une chose qu'elles fondent littéralement au soleil. Je vous épargne les séances shoppings avec des vendeuses aussi agréables que des portes de prison et les sorties en boîte où les dragueurs ressemblent d'avantage à des macs qu'autres choses. Mon constat rassura donc ma maman sur la manière dont elle m'avait élevé et elle fut ravie de m'entendre dire que "jamais, plus jamais, je ne remettrais les pieds sur la Croisette".

Tout ça pour dire que finalement Paris c'est pas si mal, mais comme j'aime à me plaindre vous éviterez de le répéter. Si Paris n'est pas si mal, c'est particulièrement depuis ma folle soirée de jeudi dernier. Ce qui devait être une soirée sympa (en mode concert) a largement dépassé le cadre de mes espérances, s'inscrivant d'ores et déjà dans les annales.

Bon là, vous n'êtes toujours pas avancés, donc je vais tenter d'être plus clair. Jeudi dernier c'était les Inrocks Indie Club à la Maroquinerie, au programme: Warpaint, We Are Wolves et Surfer Blood. Autant vous dire que j'étais de bien bonne humeur sur mon chemin à la Maro'. Quand j'ai découvert qu'en plus j'avais droit à deux verres offerts je me suis dit que la soirée ne pouvait pas être beaucoup plus cool. Mais étant à la bourre, j'ai d'abord filé voir les jeunes filles en fleur de Warpaint (comprendre #meufsbonnes), avant d'étancher ma soif.


La salle, bien remplie, n'a cessée de dodeliner de la tête au son de ces demoiselles, qui bien que très sympathiques, ne m'ont pas laissé un souvenir impérissable. Une fois le coucou d'adieu j'ai filé au bar, récupéré une limonade (le nom du cocktail au Jack D., le sponsor de la soirée). Un rapide tour en terrasse et je tombe sur @DonGonDolt (aka Juliet) et @Lauriane_M (aka Lauriane, facile) qui me présentent le fameux @silenthype (aka Thomas). On discute musique, on se chambre et on rigole, avant de finalement se décider à accorder une oreille distraite aux canadiens de We Are Wolves.



A peine a-t-on mis un pied dans la salle que j'explose de rire en entendant leur accent -canadien- et peut-être aussi parce que j'ai cru qu'ils allaient quitter la salle alors qu'on venait d'arriver (guillerette moi?). J'ai un aveu à faire, à chaque fois que j'entends un canadien parler français j'ai l'impression qu'on me chatouille et je ne peux pas m'empêcher de me gondoler. Prenons J'ai tué ma mère, film dramatique à souhait, sur la relation d'une mère célibataire et son adolescent de fils, et bien devinez qui était la greluche pliée en deux pendant tout le film? … Je plaide –honteusement- coupable, à ma décharge je me suis mordue l'intérieur des joues très fort pour cesser.

Pour en revenir aux mecs de We Are Wolves, ça décoiffe plus que Warpaint, l'atmosphère monte d'un cran, l'effet grizzlys poilus sans doute. Si je vous dis maintenant que j'étais complètement distraite car n'attendant qu'une chose: que Surfer Blood daigne monter sur scène, je reste quand même crédible?



Et justement nos gentils américains arrivent rapidement sur scène. Le set est court, mais sachant qu'ils n'ont sorti qu'un album on leur pardonnera. On soulignera le visage particulièrement poupon du chanteur, la coupe incroyable du batteur et Thomas-joli-coeur (comprendre #mecbonne) le guitariste. Ils sont jeunes et cela se sent, mais dans le meilleur sens du terme: ils donnent tout ce qu'ils ont, tout en s'amusant entre potes. Les regards entre eux sont complices bien qu'ils semblent encore un peu impressionnés d'être sur scène face à un public. Néanmoins c'est un sans faute, nous sommes conquis. Au second rang, on ne cessera de danser pendant leur trop courte performance et de chanter en chœur les mélodies toujours si entraînantes de "Swim" ou "Floating Vibes".


Une fois le concert terminé on récupère les setlists et on va fumer une cigarette. Ça bavarde sec sur la terrasse de la Maro' quand soudain on voit les mecs de Surfer Blood sortir des coulisses. Aussitôt, un petit groupe de fans se rue sur eux. Juliet les regarde avec envie, sans trop oser y aller, aussi je me propose pour passer pour son amie la groupie qui veut faire dédicacer sa setlist, afin qu'elle puisse leur taper la discute. Pas folle la guêpe, je vais jouer la groupie auprès de celui qui m'a un peu (beaucoup?) tapé dans l'oeil durant le concert: Thomas-joli-coeur. Les navrants "what a great concert" et "thanks for the show" fusent mais rapidement je ne sais plus trop quoi dire, il est un peu impressionnant quand même. Le vigil de la Maro' amusé par la scène vient y mêler son grain de sel: "where is your girlfriend? The one I saw you kissing backstage" demande-t-il d'un air goguenard. Le jeune américain ne sait pas trop sur quel pied danser, "I don't understand, what you are talking about? ... Which girl? ... I don't have any girlfriend... Here...".
A bonne entendeuse...

I got my autograph.

Parvenant à s'extraire de la horde de groupies qui s'est crée, il revient vers nous pour savoir ce qu'on fait par la suite, lui et le reste du groupe veulent continuer de s'amuser. En parisien (de souche ou d'adoption) que nous sommes on se perd en conjectures (Truskel, Social, Tigre…), tant et si bien que c'est finalement Thomas-joli-coeur qui propose d'aller, tout simplement, acheter des bières dans une quelconque épicerie et de les boire dans l'hôtel où le groupe loge pour la soirée. Rapide coup d'œil avec les filles, on est toutes d'accord pour dire que c'est une très bonne idée. Silenthype préfère nous quitter, il à école le lendemain (comprendre il stage).

Première dilemme: qui va dans le van et qui va acheter des bières? Thomas-joli-coeur et Marcos se dévouent et Lauriane et moi les accompagnons en qualité d'interprètes -ainsi que deux relous-. En chemin Thomas-joli-coeur nous montre sur son iPhone ce qu'il a eu le temps de voir de Paris, ce qui se résume à "this really nice place I can't remember the name". Le sacré coeur... Notre pack acheté c'est maintenant le moment de trouver un taxi pour six, chose aisée s'il en est dans la capitale. Cette soirée devait être placée sous une bonne étoile car le premier que nous acroison est bel et bien à 6 places, aussi 5 minutes plus tard nous voilà dans un petit hôtel du 20ème à 15 dans une chambre pour deux à boire des bières et parler musique. La scène est simplement surréaliste.

On a vite chaud aussi prétextons nous, mes acolytes & moi-même, l'envie d'une cigarette pour prendre une bouffée d'air frais. Notre joyeuse troupe à tôt fait de nous rejoindre, Thomas-joli-cœur et Marcos en profitant pour nous initier aux joies du "thumb war" et nous battre à plates coutures -les mains de musiciens moi j'dis-. On a dû faire trop de bruit parce qu'un voisin énervé nous a carrément balancé un sceau d'eau dessus… Sur ce on retourne se mettre à l'abri dans une nouvelle chambre car PJ (le chanteur) en charmante compagnie, nous mets gentillement à la porte en manquant de nous asphyxier à l'odeur de ses pieds.

Ni une, ni deux le reste de Surfer Blood nous font signe de les suivre dans une nouvelle chambre, sans oublier le pack de bières et la bouteille de Jack. On s'affale sur les lits et on continue a bavarder de comment Twitter c'est cool, Thomas-joli-coeur reste sans voix quand on lui apprend que c'est grâce à ça qu'on s'est rencontré avec Juliet et Lauriane. Et on débat sur l'utilité d'internet pour les groupes et du nouveau type de communication que cela engendre. Finalement c'est à la vue des premiers rayons du soleil que Juliet -après une courte sieste- juge préférable qu'on décampe lançant "you guys need your beauty sleep", on se hug et se bisouille et nous voilà dans le premier métro en direction de nos pénates respectives.
Résultat des courses? Arrivée à 7 heures chez moi, autant vous dire qu'heureusement que j'avais fini mes chroniques la veille, parce que je n'en menais pas vraiment large au boulot, malgré toutes les étoiles qui illuminaient encore mes yeux.